La spécificité de l’éthique chrétienne – Propositions

  • L’ultime est transcendant.
  • L’ultime est une personne ; nous l’appelons Dieu.
  • Il se rend visible dans la vulnérabilité humaine ; nous l’appelons croix ; il porte un nom : Jésus Christ.
  • Sinon il est caché.
  • Le vide des deuils et des « pourquoi » de l’existence humaine est matrice de naissance et de connaissance ; nous l’appelons résurrection.
  • Ainsi, quand l’ultime se manifeste, il y a guérison ; guérison avec ou sans guérison ; nous l’appelons miracle, et ce qui s’y révèle Royaume de Dieu
  • Celui-ci est la finalité de l’existence humaine ; mais il reste caché ; parce qu’il n’y a pas seulement guérison avec guérison, mais aussi guérison sans guérison.
  • Le souci ultime est la dignité de l’autre ; nous appelons celle-ci sa sainteté.
  • Toute éthique doit la servir, dans sa posture (éthiques de vertus et de responsabilité), dans ses principes (éthiques déontologiques et objectives ou de valeurs), dans ses méthodologies (éthiques procédurales) et dans ses finalités (éthiques utilitaristes).
  • Nous appelons toute volonté qui œuvre dans ce sens inspirée, guidée par l’Esprit, présence cachée de l’ultime.
  • Elle reconnaît ses limites, parce qu’elle sait que l’ultime est transcendant.
  • La loi révèle et manifeste ces limites.
  • Le savoir que l’ultime est transcendant et le souci de l’autre qui en découle, nous les appelons foi : fides quae (quoi ?) et fides qua creditur (comment ?).
  • Cette dernière est ce qu’on peut appeler une « éthique chrétienne ».

Armin Kressmann 2012

Turbulences ; Les Réformés en crise (Pierre Glardon et Eric Fuchs)

Je suis marié, hétérosexuel et j’ai deux enfants, mais je suis scientifique, Bernois et avec le Christ fou de Dieu. Suis-je encore réformé et apte au ministère du saint évangile dans l’Église évangélique réformée du canton de Vaud ?

C’est la question que je me suis posée après avoir lu le livre de Pierre Glardon et d’Eric Fuchs[1]. Continue reading

11.6 Quand le corps est esprit I : « Je boite, donc je suis »

Significations du handicap mental : 11.6 Quand le corps est esprit I – « Je boite, donc je suis. »

Je ne suis évidemment pas le premier qui rapproche corps et esprit. Même pour Freud Michel Onfray parle d’un « Freud somatisant »[1]. Pour une vision maslowienne dominante qui hiérarchise les besoins et privilégie le corps, le renversement est cependant radical. Continue reading

La vulnérabilité – une catégorie morale ? (Nathalie Maillard)

Si vous achetez le livre de Nathalie Maillard[1], vous en aurez au moins trois :

  1.  Une étude approfondie des différentes conceptions de l’autonomie et leur histoire,
  2. la partie sur la vulnérabilité comme nouvelle catégorie morale, tel le titre du livre, mais finalement sans point d’interrogation, et
  3. une confrontation entre la pensée de Paul Ricœur et celle d’Emmanuel Lévinas, toujours dans la même perspective, amenant le lecteur à cette limite qu’est celle entre la philosophie et la théologie (ou le religieux) : le rapport à l’autre quand l’autre est tout-autre.

Le parcours est exigent, mais finalement indispensable si on ne veut plus confondre ni les différentes formes de l’autonomie et celles-ci avec la liberté de choix et l’autodétermination,  ni la vulnérabilité avec la dépendance ou la faiblesse, ni les besoins avec les capacités, etc. etc. L’univers des soins, de l’éducation et de l’enseignement ne pourra qu’en profiter. Ce travail est à faire, d’autant plus que ces différentes notions sont parfois avancées dans les milieux de soin ou d’éducation non pas pour défendre les personne accueillies, mais dans l’intérêt des institutions qui les accueillent.

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Comment définir le professionnalisme de l’accompagnement spirituel dans une perspective chrétienne ?

  • Au centre des préoccupations est la personne.
  • La personne au centre, l’ultime doit aussi être une personne.
  • Une personne, c’est un nom, voire un prénom.
  • Le nom de l’ultime en tant que personne est Dieu. Continue reading