Vivre dignement, c’est tromper la mort

Il y a une seule tromperie qui se justifie : tromper la mort.

Le contrat est clair : nous devons tous mourir.

La dignité humaine est donc vivre, malgré la mort. La mort, elle, n’a pas de dignité ; elle a seulement raison.

Se suicider est donner raison à la mort, c’est remplir le contrat, mais aussi perdre la dignité de la vie.

Vivre dignement, jusqu’au dernier souffle, c’est tromper la mort.

Cependant, tromper la mort, ce n’est pas s’acharner à la vie.

Mais tromper la mort sont ces petits mots, gestes et actes qui signifient la dignité de la vie en face à face avec la mort.

Le monde du handicap nous l’enseigne, tous les jours.

Ce qu’on appelle la résurrection ?

Ce n’est pas seulement tromper la mort, mais la vaincre pour toujours. C’est ce que Pâques, la crucifixion et la résurrection de Jésus de Nazareth, un homme comme toi et moi, signifie. Ce n’est pas humain, c’est divin. Y croire, une fois encore, c’est tromper la mort, au moins ça, peut-être plus.

Donc, l’assistance au suicide ?

C’est donner raison à la mort, c’est cosigner le contrat : tu dois mourir. C’est être complice de la mort, sauf … je consens … comme acte d’amour.

Assister quelqu’un, par amour, à se suicider, peut se faire seulement contre sa propre conviction, en disant :

« Non, je ne veux pas donner raison à la mort, je veux vivre avec toi, jusqu’au dernier souffle. Mais toi, tu m’es tellement cher que j’assume ce que tu veux, toi, pas moi. »

Assister quelqu’un, par amour, à se suicider, ne peut être assumé que par celui qui meurt, symboliquement, avec l’autre, celui ou celle qu’il aime. Ce n’est pas un devoir, cela ne fait pas partie du contrat, ce n’est pas humain, c’est divin.

Et devant Dieu, je me tais.

Armin Kressmann 2010

Suicide et directives anticipées

Après deux semaines à domicile pour se remettre de sa grève de la faim, Bernard Rappaz, le chanvrier condamné à 5 ans et 8 mois, est de retour en prison. La conseillère d’État valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten ne veut plus se laisser mettre sous pression :

« S’il devait recommencer sa grève de la faim et refuser toute réanimation, je respecterai sa volonté et le laisserait mourir. »

24h heures ; Lausanne 22-24 mai 2010, no. 11

Une telle position est-elle éthiquement tenable pour une représentante de l’État ?

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Soins et éducation : notre vision du patient ou du résident

En fonction de la posture prise par un soignant, accompagnant ou autre intervenant, en fonction des principes et des valeurs qu’il ou qu’elle défend, l’interlocuteur, la personne soignée ou accueillie, aura un autre statut, avec d’autres attentes et d’autres droits. Une posture familiale fera de lui un enfant, un parent, un frère ou une sœur, une posture d’accompagnement « palliatif » un semblable, humain et personne comme moi, une posture paternaliste (médicale, donc fondé en dernière instance sur le Serment d’Hippocrate) un patient, « notre patient », une posture contractuelle, libérale ou bioéthique fera de lui un partenaire ou un client. Ces postures et ces visions, dans une équipe, dans une institution ou dans un hôpital, peuvent se compléter, mais aussi se contredire. Chacune des postures et des visions d’autrui a sa raison d’être, dans une situation donnée, dans un contexte donné, entre personnes données, mais ce qui sera à éviter, c’est le passage d’une attitude à l’autre, juste en fonction des goûts, des préférences, des envies, des difficultés et des résistances du moment, ou, pire encore, en fonction de critères qui n’ont qu’indirectement à faire, – p.ex. tout ce qui touche aux finances et aux besoins institutionnels -, avec les besoins du patient ou du résident et des choix de principe des intervenants. Ces passages aléatoires comportent le risque de manipulation et d’instrumentalisation, donc finalement d’abus, voire de maltraitance, et cela, sous un manteau soi-disant éthique.

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Eux !

Armin Kressmann 2009

« Soins et éducation 11 : travailler avec des éthiques différentes et les confronter

Vulnérabilité et capabilité »

Soins et éducation : les principes qui régissent les quatre approches fondamentales

Chacune des quatre approches fondamentales en éducation, en soins ou en médecine est régit, sans être exclusif, par un principe propre :

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Qu’est un principe ?

Armin Kressmann 2009

« Soins et éducation 7 : quatre approches fondamentales

Soins et éducation 9 : les valeurs derrière les quatre approches fondamentales »

Soins et éducation : quatre approches fondamentales

Dans l’accompganement socio-éducatif, mais plus prononcé en médecine et en soins, quand nous mettons en relation une vision plus éducative avec une vision plus médicale, se dégagent quatre approches fondamentales.

Comment la médecine s'approche-t-elle au patient : quatre types fondamentaux
Médecine et soins : quatre approches fondamentales

Chacune des quatre approches se justifie, et cela en fonction de l’urgence et de la gravité de la situation ; et chacune implique une posture du professionnel particulière et bien précise. Il s’agira de s’en rendre compte et de chercher une adéquation aussi bonne que possible entre les besoins du patient ou du résident, l’acuité de la situation et la spécialisation, les compétences, le style et le charisme du ou des professionnels intervenants.

Armin Kressmann 2009

« Soins et éducation 6 : santé et qualité de vie

Soins et éducation 8 : quatre principes »