11.9 La condition handicapée comme condition humaine

Significations du handicap mental : 11.9 La condition handicapée comme condition humaine ou La condition humaine comme condition handicapée

Le handicap lourd ou sévère convoque Dieu, sinon, au moins la question de Dieu. Il le fait autant pour ceux qui y sont confrontés pour la première fois, que pour ceux qui l’accompagnent tous les jours. Il le fait autant pour ceux qui se déclarent croyants que pour ceux qui se disent agnostiques ou athées. Comment ? Continue reading

Soins et spiritualité : la sphère du spirituel

Dans mon dernier article sur la spiritualité j’ai déployé, – à partir de ce que j’ai appelé les bases anthropologiques du spirituel -, les espaces dans lesquels l’individu (nous-mêmes et nos interlocuteurs que sont les patients, les élèves ou les résidents) pourrait mettre sa conception du spirituel, où il voit la concrétisation de celle-ci, en lui-même, en autrui, dans la relation, au niveau matériel ou immatériel, bref, de quoi « il fait sa religion ». Cela peut être autant son corps, ses biens que son âme ou Dieu, autrui, son environnement, ses relations, « la nature » que lui-même, sa conscience, son inconscient, sa réflexivité. Chaque dimension du « bio, psycho, socio ou spirituel » peut être porteur ou véhicule du spirituel et devenir religieux, concrétisation d’un souci ultime.

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Soins et spiritualité : les espaces spirituels

Les deux axes fondamentaux (ce que j’appelle les bases anthropologiques du spirituel) sont

1. intériorité – extériorité, donc moi face à l’autre et

2. immanence – transcendance, donc ici face à ailleurs ou là et au-delà

Ils déploient l’espace spirituel :

Cet espace se divise en quatre champs

1. celui de l’intériorité – moi                  3. celui de l’immanence – ici

2. et celui de l’extériorité – hors moi     4. et celui de la transcendance – ailleurs

.

Et c’est dans ces quatre champs que se joue la question de l’identité, dans les quatre quadrants ouverts par nos deux axes de la spiritualité   :

1. la mêmeté, à l’intérieur du moi immanent

2. l’altérité, à l’intérieur du quadrant ouvert ici par un autre immanent

3. l’ipséité, à l’intérieur de moi me transcendant, un « moi-même comme un autre »

4. et la mystique, relation ouverte par un autre transcendant, une altérité toute-autre

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Carl Friedrich von Weizsäcker – Die Einheit der Natur (L’unité de la nature)

« Suis-je mon médecin ? »

Réflexion sur la cybernétique, la thermodynamique, la mécanique quantique et la médecine à partir du livre de Carl Friedrich von Weizsäcker « Die Einheit der Natur – L’unité de la nature » – Traduction ; Hanser, Munich 1971, p. 320ss

Remarques préliminaires :

- Je traduis « Mensch » par « être humain »
- « Sollwert » … « valeur souhaitée/souhaitable/désirée/assignée »

III, 4. Modèles de ce qui est sain et malade, bien et mal, vrai et faux

Introduction

- L’être humain en tant qu’être vivant (« Lebewesen ») vu comme système régulé ou de régulation
- Ce système s’étant développé par mutation et sélection (darwinisme)
- Weizsäcker parle d’une réflexion sur une anthropologie biologique, une biologie cybernétique et une cybernétique darwinienne

- Le sain (« das Gesunde »), le bien et le vrai, ainsi que leurs notions opposées comme phénomènes

- Un projet pour une stratégie

Traduction partielle des pages 322 à 341

1. La santé

Aussi longtemps que nous sommes sains, nous ne remarquons pas que nous le sommes (que nous sommes sains). La santé appartient à ces phénomènes que, justement, nous ne percevons pas comme phénomènes particuliers, parce que nous y vivons au quotidien. Nous les découvrons par leur absence. Ce n’est que la maladie qui nous fait voir la santé comme santé.

La santé n’est pas le seul phénomène (« das Sein » … étant ?) qui nous échappe parce qu’il est et qui apparaît seulement par son absence. On pourrait dire cela justement de l’Etre. Dans notre réflexion, être bien et être vrai sont justement de ce type de manière d’être.

Même si la santé nous apparaît d’abord comme ce qui nous manque dans la maladie, nous savons « d’une certaine manière » (« irgendwie »), ce que nous sous-entendons par le mot « sain », sans pouvoir le définir. Un œil sain ou une jambe saine sont des organes qui sont aptes à fonctionner (« funktionstüchtig ») … Santé semble être aptitude à fonctionner. Pour pouvoir définir santé, il semble qu’il faut savoir ce qu’est fonction. Chaque fonction d’un organe sert à un ensemble plus vaste : à l’être humain dans son ensemble, ou à l’animal, ou au groupe, la famille ou l’espèce. Que veut dire « servir » ? A quoi sert un organe ? L’œil semble avoir une fin ; il est là pour l’être humain. L’être humain, est- il là pour quelque chose ? Le retour (« Regress ») des finalités se termine-t-il dans une finalité en soi (« Selbstzweck »), et le retour des fonctions se termine-t-il dans un ensemble de fonctions fermé (« einem geschlossenen Funktionsganzen ») ? D’un être humain, nous disons aussi qu’il est sain ou malade. La santé d’un être humain, est-elle aussi son aptitude à fonctionner ? Quelle est la finalité de sa fonction ? Peut-être dans la société ? Peut-on parler de la santé ou de la maladie d’une société ? Une époque morbide, une nation saine, la schizophrénie de la conscience moderne (« Bewusstsein ») – est-ce que ce sont des métaphores ou les énoncés/concepts (« Begriffe ») de santé et de maladie, vont-ils aussi loin ? La médecine tend à identifier santé avec normalité. Mais, la norme qu’est-ce que c’est ? Qui pose la norme?

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Spiritualité

La spiritualité est l’au-delà de « l’institutionnalité », du fait institutionnel, de ce qui est institué et institutionnalisé ; il le « transcende ». Cet au-delà s’appelle « religiosité » quand il vise l’absolu et appelle celui-ci « Dieu ». La spiritualité, pour s’exprimer et se communiquer, a besoin de véhicule. Celui-ci s’appelle « esprit », « souffle » ou « âme », âme ou souffle de vie qui anime ce qui est institué et institutionnalisé. C’est lui qui fait la musique avec les notes de la gamme,

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