Spiritualité et religion, comment les distinguer (définitions) ?

Religion donne « Gestalt » à la spiritualité

Dans mon dernier article « Le handicap comme ‘Gestalt’ » j’ai affiné la vision de la spiritualité et sa place dans une conception bio-psycho-social de l’être humain. Cette démarche a laissé vacant cette quatrième dimension auparavant nommée « l’explicite spirituel ». Existe-t-elle et de quoi serait-elle faite ?

En radicalisant ma position, je postule que la quatrième dimension est la dimension religieuse de l’être humain, présente en tout être humain. Le bio-psycho-social devient en conséquence un bio-psycho-socio-religieux, englobé et tenu ensemble, enveloppé en quelque sorte, par le spirituel.

Comment cela ?

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Charly dit :

« La question de l’existence de Dieu est sans importance ; ce qui compte c’est la foi.

Vous demandez : ‘Comme croire en quelqu’un qui n’existe pas ?’

Je ne parle pas de croire, mais de foi, donc de confiance.

‘Alors, comment avoir confiance en quelqu’un qui n’existe pas ?’

Je réponds : toute confiance est confiance en quelqu’un qui n’existe pas ; celui qui existe est un autre, différent de celui en qui vous avez confiance. Et, si vous connaissiez vraiment celui qui existe, vous n’auriez peut-être plus confiance en lui. En conséquence, c’est la foi qui compte. Il se pourrait même que ce soit elle, la foi, qui fait de celui en qui vous avez confiance quelqu’un qui existe. »

Amour, confiance et foi

Dans mes articles précédents j’ai souvent fait appel à la notion de foi ; aujourd’hui je vais la mettre, à travers quelques considérations d’ordre étymologique,  en lien avec la confiance et l’amour.

Comme Charly l’a déjà constaté, la foi, en français, est confiance ; croire et foi sont deux choses bien différentes. Cela se confirme par leur étymologie :

La racine « croire » est indo-europénne et veut dire :

kret-, idée de croyance (religieuse)

Dictionnaire des racines des langues européenne ; Larousse, Paris 1949

Pour la « foi », la racine est

bheid-, idée de confiance, de persuasion

latin fidere, avoir confiance ; fides, foi, bonne foi ; fiducia, confiance

Nous la retrouvons en allemand et anglais :

all. bitten, demander ; beten, prier ; Gebet, prière

angl. bid, souhaiter, commander

« Foi » et « croyance », faith et belief en anglais, n’ont en allemand qu’un seul mot, der Glaube, avec la racine, qu’on trouve d’ailleurs aussi dans belief en anglais :

leubh-, indo-européen, prendre plaisir, aimer

Nous voici où nous voulions arriver, l’amour :

angl. love, amour ; believe, croire ; belief, croyance

all. lieb, cher ; Liebe, amour ; lieben, chérir

glauben, croire ; Glaube, foi

loben, louer ; Lob, louange

La foi, croire en quelqu’un est, profondément, confiance, amour et louange.

« Augustin (354–430) unterscheidet zwei Momente im Glaubensbegriff : Glaube als Vollzug (fides, qua creditur, Gottglauben), der von der Hoffnung (spes) bestimmt ist und sich in der Liebe (caritas) bewährt, und Glaube als Erkenntnis und Zustimmung zu bestimmten Inhalten (fides, quae creditur, Glaube an Gott und Christus). » (Taschenlexikon Religion und Theologie, TRT ; Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 1983, vol. 2, p. 203)

« Das spezifische Kennzeichen des Glaubens … ist das Vertrauen auf die Verheissung Gottes, die Gewissheit des Herzens, in der man Gott vertraut (fiducia). (p. 204)

Armin Kressmann

Miracle et sens de la vie

« Im Wunder selbst soll Sinn gefunden werden. »

écrit Walter Schmithals, Wunder und Glaube, Neukirchen 1970, p. 24

« C’est dans le miracle que du sens doit être trouvé. »

Cette affirmation, – quand nous prétendons que l’événement du miracle est événement « ordinaire » ayant lieu dans le monde et que c’est seulement le regard sur l’événement qui le rend extraordinaire, donc miracle -, est-elle en contradiction avec la conviction que nous avons exprimée en disant que « le sens est hors monde et le transcende » ?

Je pense que non. Pourquoi ?

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Spiritualité : âme et liberté

Quand on parle d’esprit et de spiritualité, inévitablement, on est amené à penser à l’âme, qui, déjà par son étymologie, est de la même catégorie.

Le mot « âme » vient de l’indo-européen « ani-, ane- » qui véhicule une idée de souffle[1], « respirer, souffler », « animus » en latin, « atmen, hauchen » en allemand. Il est intéressant de relever que la même racine « an- » comme onomatopée désigne les an-cêtres, « die Ahnen » en allemand, et signifie en soi comme particule démonstratif « là, de l’autre côté », enfin « l’autre ». Nous sommes donc dans le champ de l’altérité, de ce qui anime et de ce qui vit, « l’animal ».

François Vouga et Jean-François Favre dans leur livre « Pâques ou rien »[2] donne une définition intéressante de ce qu’est l’âme.

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