Institutions sociales, leurs doctrines, dogmes et leur dogmatique – Définitions

Suite à une formation sur le « management de qualité », je me suis posé la question suivante :

Dans quelle mesure cette approche aujourd’hui reconnue et généralement répandue correspond à ce que les Églises appellent « doctrines, dogmes et dogmatique », donc l’ensemble de leur enseignement ?

La question est intéressante au moment où on cherche l’articulation avec l’éthique, donc finalement l’action concrète, ce que les institutions sociales appellent « concept d’accompagnement ». Je la soumets à discussion sur le nouveau site « IL-Consultance ».

Doctrine, allemand « Lehre »

« Sens primitif : enseignement.

Ce qu’on enseigne ; et, par généralisation, ce qu’on affirme être vrai … : ce terme impliquant toujours l’idée d’un corps de vérités organisées, solidaires, et même le plus souvent liées à l’action. » (André Lalande ; Vocabulaire technique et critique de la philosophie ; puf, Paris 1985, p. 244)

Dogmatique : corps de dogmes  ; la discipline qui élabore et présente d’une manière globale et contraignante l’ensemble de l’enseignement d’une Église ou d’une communauté ecclésiale

Dogme, paraphrasant Lalande en mettant « institution » là où il parle d’Église :

« Doctrine reconnue et établie par l’autorité d’une institution … et à laquelle les membres de cette institution sont tenus d’adhérer. » (Lalande, p. 246)

Armin Kressmann 2011


Des résidents face à la charte de leur institution : un équilibre à trouver entre le contractuel et l’affectif

Ce qui avait été avancé par un groupe de résidents de l’Institution de Lavigny comme valeurs, ce qui compte dans leur vie,  était le point de départ pour faire un travail sur la charte de cette institution.

Après avoir récolté les valeurs des résidents, nous leur avons demandé de les mettre en relation avec les valeurs et principes institutionnelles :

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Comment établir une charte ?

Dans un échange fort intéressant avec une collègue nous nous posons la question comment élaborer, d’une manière simple et imagée, une charte d’une association ou d’une organisation donnée. L’idée nous est venue d’utiliser l’expérience du jeu ou du sport qui, pour se dérouler en de bonnes conditions, ont besoin d’une part d’un cadre, – une infrastructure, un terrain par exemple et/ou des outils, et des règles -, d’autre part d’une disposition mentale des joueurs, – un certain esprit -, pour que le jeu se mette en place et se développe : Continue reading

Par rapport à la mission des institutions sociales : unité et diversité

Chaque résident et chaque collaborateur d’une institution sociale se situe, explicitement ou implicitement, par rapport à tous les autres, par rapport à l’institution en tant que telle et par rapport à tout ce que l’institution représentent pour lui au niveau symbolique. Pour chaque personne il y a en conséquence une multitude de triangles relationnels, éducatifs, pédagogiques, thérapeutiques, d’accompagnement, etc. :

En théorie, une institution sociale donnée se laisserait décrire par la somme de ces triangles. Un bonne dynamique est garantie par un cadre qui laisse se déployer un jeu aussi libre que possible entre les visions des uns et des autres. Le cadre, avec ses lois, ses règles et ses procédures, est l’aspect institutionnel dans le sens restreint :

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Le monde hospitalier, socio-éducatif et scolaire : une éthique entre le privé et le public

Comme notre État, notre société se veut libérale ; on est « tolérant ». Devant l’éclatement et le pluralisme consécutif des systèmes de pensées, de convictions et de valeurs, – constat devenu évident et banal[1] -, elle garde sa neutralité. Aussi longtemps qu’il n’y a pas diffamation (et encore !) ou interférence négative sur l’ordre et la paix publics, la conscience, la pensée, la foi, les opinions et leurs expressions sont de l’ordre privé ; l’Etat ne s’en mêle pas.

Mais voilà, il y a des domaines où le privé et le public se touchent et s’interpénètrent, notamment dans l’éducation et dans la santé. Ce qui était privé peut devenir public : la conviction politique ou religieuse d’un enseignant, la foi d’une infirmière, etc. Et parfois le public doit se mêler du privé, notamment dans le parapublic et dans les institutions de droit ou d’intérêt public. Les liens entre le privé et le public ne se laissent pas tous ramener à des relations purement politiques, professionnelles, institutionnalisées, contractuelles et/ou économiques.

Ainsi, en hôpital, mais plus encore en institution médico-sociale ou socio-éducative où patients et résidents vivent au quotidien et sont même domiciliés, les systèmes de pensées et de convictions ne s’affrontent pas seulement, mais sont sous-jacents à toute relation, au travail, à la prise en charge et aux collaborations. Alors, quelles sont les bases sur lesquelles se fonde le travail dans ces maisons et institutions ? Quel est le dénominateur minimal commun auquel chaque collaborateur doit adhérer ? Quelles sont les sources d’où sont tirées les approches et les missions ? Y a-t-il une éthique commune ? Et de quel type est-elle ? Après une longue période où les valeurs héritées faisaient évidence et n’étaient pas mises en question, aujourd’hui, trouvons-nous encore un fondement commun au travail accompli ? En a-t-on même besoin ? L’éthique institutionnelle est-elle encore en prise avec les modèles éthiques dominants dans notre société moderne ? Et ceux-ci, sont-ils appropriés au milieu socio-éducatif et opérationnels pour le travail auprès d’une population aussi dépendante que celle qui vit en institution ?

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