Assistance au suicide : une situation – conflits et enjeux éthiques

- Que se passe-t-il dans une institution qui a la particularité d’avoir en son sein un secteur hospitalier et un secteur d’hébergement, c’est-à-dire un lieu de vie ? Faudrait-il une même « philosophie » ou différencier les secteurs ?

Dans une vision commune, je plaide pour le respect de la spécificité de chaque secteur. L’hôpital est un lieu de passage pour des personnes vivant ailleurs qui se trouvent en situation de crise de santé plus ou moins aiguë. Le secteur socio-éducatif constitue le domicile pour les personnes qui y résident.

- La situation particulière d’une institution qui, à part l’hôpital, héberge aussi des personnes avec une déficience mentale impose une prudence toute particulière. Il faut absolument éviter que ce qui se passe à l’hôpital ait des retombées symboliques négatives sur le secteur hébergement (imaginaire « eugénique »). Cet aspect parle pour la position qui veut que l’assistance au suicide ne se fasse pas à l’hôpital même. Par contre, un accompagnement d’un patient chez lui à son domicile me semble envisageable, sans que le personnel de l’institution soit directement impliqué dans les actes de « l’assistance ». Tenons aussi compte de la charge symbolique qui s’exerce sur ce dernier ; il faut l’accompagnons. Chacun, chacune doit rester libre et être respecté par les autres dans sa décision d’être associé aux derniers instants. Cela implique que les uns connaissent la position des autres, sans la juger.

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La vie spirituelle et religieuse en institution sociale – Fondements, principes et pratiques

Fondements

-          L’accompagnement des personnes accueillies et hébergées s’inscrit dans une tradition assumée, explicite et explicitée, soit-elle laïque ou confessionnelle.

-          La spiritualité, dans un sens large, en est une composante fondamentale.

-          Les convictions, les croyances et les pratiques religieuses des résidents, résidentes, accompagnants et accompagnantes sont respectées.

-          L’institution veille à ce que l’épanouissement physique, psychique, sociale et spirituelle des résidents et résidentes ne soit pas entravé.

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L’État libéral et ses problèmes

Quel libéralisme ? C’est la question que j’ai posée auparavant, dans l’article « Le résident en institution sociale : entre le privé et le public ». Nous sommes dans une période où l’idée libérale s’impose dans de plus en plus de domaines ; mais sous quelle forme ? Libéralisme libertaire, ultralibéralisme, libéralisme économique, libéralisme social, libéralisme responsable[1], libéralisme « communautariste »[2] (est-ce encore libéralisme ?) ?

En tout cas, si l’Etat veut être libéral, il doit être cohérent et appliquer les mêmes règles à tout le monde.

Se pose alors la question si le changement que l’Etat de Vaud est en train de vivre dans le financement des institutions médico-sociales et socio-éducatives, passant d’une logique des besoins à une logique des moyens, est encore compatible avec un fondement libéral ?

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John Rawls, Théorie de la justice

« Théorie de la justice »[1],

« L’idée qui nous guidera est … que les principes de la justice valables pour la structure de base de la société sont l’objet de l’accord originel. Ce sont les principes mêmes que des personnes libres et rationnelles, désireuses de favoriser leurs propres intérêts, et placées dans une position initiale d’égalité, accepteraient et qui, selon elles définiraient les termes fondamentaux de leur association. » p. 37

« De même que chaque personne doit décider, par une réflexion rationnelle, ce qui constitue son bien, c’est-à-dire le système de fins qu’il est rationnel pour rechercher. de même un groupe de personnes doit décider, une fois pour toutes, ce qui, en son sein, doit être tenu pour juste et pour injuste. » p. 38

« Les principes de la justice sont choisis derrière un voile d’ignorance. » p. 38

Justice entre personnes libres et rationnelles, qui définiraient entre elles les principes de leurs rapports, choisis derrière un « voile d’ignorance », c’est ce que Rawls veut. Programme ambitieux, dont on voit très vite les limites, notamment en médecine. Rawls lui-même admet :

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De Kant à Rawls, puis à Walzer : libéralismes et communautarismes

Avec Kant, la grande voie du principe d’autonomie à l’intérieur d’une éthique déontologique[1] a été philosophiquement ouverte.[2] En principe, l’homme est sa propre mesure et décide et agit selon les maximes qu’il a établit et qu’il respecte lui-même, et cela d’une manière absolue. Nous sommes dans une logique libérale et immanente.

Celle-ci a été reprise et développée, au 20ème siècle notamment par John Rawls[3]. Dans la suite de la philosophie politique de ce dernier, d’autres courants de pensée s’inscrivent, certains comme prolongement (« libéralismes égalitaires »), d’autres d’une manière critique. J’en mentionne le libéralisme « libéraliste » (« libertarianism »), une sorte de néo-libéralisme basé sur les droits individuels de liberté et de propriété qui ne considère comme juste que les rapports du type contractuel entre propriétaires (« Proprety-rigths-Absolutismus » à ramener à Locke)[4]. C’est à ce courant qu’on pense en général quand on parle de libéralisme d’une manière critique (ou enthousiaste !) dans nos contrées[5], le libéralisme économique. En médecine, il se manifeste en bioéthique plus particulièrement aux Etats-Unis, avec les risques qu’on connaît[6].

L’autre courant critique est le « communautarisme », dont  certains détenteurs rejettent carrément l’universalisme des droits de l’homme et mettent en avant des valeurs propres à une collectivité ou une communauté.

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