11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

Significations du handicap mental : 11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

La courbe de la vulnérabilité en fonction de l’âge délimite deux champs distincts, celui qui se trouve sous la courbe, la vulnérabilité, et l’autre qui est au-dessus, la « capabilité ». Travailler à partir de la première est travailler sur les besoins, à partir de la seconde sur les capacités. Les approches d’accompagnement respectives sont fondamentalement différentes, de soin dans un cas, éducative dans l’autre cas. Un accompagnement professionnel misera toujours sur l’une ou l’autre, souvent les deux, et cela en fonction de la situation dans laquelle le patient ou le résident se trouve.

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Assistance au suicide : la situation dans les EMS du canton de Vaud

a)     La position du Conseil d’Etat vaudois est résumée dans un document de l’AVDEMS, l’Association Vaudoise d’Établissements Socio-Médicaux, publié en 2002. Je retiens que le Conseil d’Etat ne répond pas directement à la question de la légitimité du suicide et de l’assistance au suicide en institution médico-sociale ou socio-éducative. Il rappelle seulement l’article 115 du Code pénal,  l’autonomie de la personne malade, l’appartenance de l’assistance au suicide au domaine privé et, par conséquent, sa relégation au colloque privé entre le patient et son médecin.

b)     L’AVDEMS va plus loin, voir les documents publiés en 2002 et 2004 : en tenant compte du fait que les EMS (établissements médico-sociaux) sont des lieux de vie, – de fait ou même de droit pour un grand nombre de résidents -, et dans le respect de la liberté de chacun, elle admet que l’assistance au suicide soit pratiquée en institution, dans un processus qui associe l’ensemble de la maison et après avoir pris un certain nombre de précautions, notamment en ce qui concerne la « vérification » de la capacité de discernement par une expertise, une pratique qui respecte les valeurs de la maison et la non-participation « active » du personnel dans l’assistance elle-même.

Armin Kressmann 2004

« Assistance sui suicide 4 : le cadre légal

Assistance au suicide 6 : EXIT et les institutions sociales »

Assistance au suicide : une situation – conflits et enjeux éthiques

- Que se passe-t-il dans une institution qui a la particularité d’avoir en son sein un secteur hospitalier et un secteur d’hébergement, c’est-à-dire un lieu de vie ? Faudrait-il une même « philosophie » ou différencier les secteurs ?

Dans une vision commune, je plaide pour le respect de la spécificité de chaque secteur. L’hôpital est un lieu de passage pour des personnes vivant ailleurs qui se trouvent en situation de crise de santé plus ou moins aiguë. Le secteur socio-éducatif constitue le domicile pour les personnes qui y résident.

- La situation particulière d’une institution qui, à part l’hôpital, héberge aussi des personnes avec une déficience mentale impose une prudence toute particulière. Il faut absolument éviter que ce qui se passe à l’hôpital ait des retombées symboliques négatives sur le secteur hébergement (imaginaire « eugénique »). Cet aspect parle pour la position qui veut que l’assistance au suicide ne se fasse pas à l’hôpital même. Par contre, un accompagnement d’un patient chez lui à son domicile me semble envisageable, sans que le personnel de l’institution soit directement impliqué dans les actes de « l’assistance ». Tenons aussi compte de la charge symbolique qui s’exerce sur ce dernier ; il faut l’accompagnons. Chacun, chacune doit rester libre et être respecté par les autres dans sa décision d’être associé aux derniers instants. Cela implique que les uns connaissent la position des autres, sans la juger.

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La vie spirituelle et religieuse en institution sociale – Fondements, principes et pratiques

Fondements

-          L’accompagnement des personnes accueillies et hébergées s’inscrit dans une tradition assumée, explicite et explicitée, soit-elle laïque ou confessionnelle.

-          La spiritualité, dans un sens large, en est une composante fondamentale.

-          Les convictions, les croyances et les pratiques religieuses des résidents, résidentes, accompagnants et accompagnantes sont respectées.

-          L’institution veille à ce que l’épanouissement physique, psychique, sociale et spirituelle des résidents et résidentes ne soit pas entravé.

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L’État libéral et ses problèmes

Quel libéralisme ? C’est la question que j’ai posée auparavant, dans l’article « Le résident en institution sociale : entre le privé et le public ». Nous sommes dans une période où l’idée libérale s’impose dans de plus en plus de domaines ; mais sous quelle forme ? Libéralisme libertaire, ultralibéralisme, libéralisme économique, libéralisme social, libéralisme responsable[1], libéralisme « communautariste »[2] (est-ce encore libéralisme ?) ?

En tout cas, si l’Etat veut être libéral, il doit être cohérent et appliquer les mêmes règles à tout le monde.

Se pose alors la question si le changement que l’Etat de Vaud est en train de vivre dans le financement des institutions médico-sociales et socio-éducatives, passant d’une logique des besoins à une logique des moyens, est encore compatible avec un fondement libéral ?

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