- Au centre des préoccupations est la personne.
- La personne au centre, l’ultime doit aussi être une personne.
- Une personne, c’est un nom, voire un prénom.
- Le nom de l’ultime en tant que personne est Dieu. Continue reading
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Le métier d’accompagnant spirituel
Au niveau du « métier » que deviendrait l’accompagnement spirituel devant et avec les autres corps de métier,
l’accompagnant spirituel
- prendrait une posture de dépouillement (« kénose », Etienne Rochat), saurait suspendre son savoir devant ce qu’on ne peut pas savoir et inviterait les autres corps de métiers, au niveau spirituel, à suspendre leur savoir, à la découverte de l’esprit du savoir qui transcende le savoir (savoir, savoir-faire, savoir être) donc à la recherche de l’être[1], tout particulièrement là où l’être est menacé du non-être[2] : en situation extrême, handicap sévère, fin de vie, soins palliatifs, etc. ; à la recherche de ce que Paul Tillich appelle « das Neue Sein », l’être nouveau, qui est plus et peut-être autre chose qu’un être réhabilité, réadapté, résilié, restauré ou réparé
- se servant « d’outils » spécifiques (en l’occurrence le mot est mal choisi, mais témoigne du parallélisme avec les outils dans les autres corps professionnels) :
Médecine, santé et spiritualité : quels besoins spirituels chez les patients ?
« Médecine, santé et spiritualité » – quatrième soirée dans ce cycle de conférences au CHUV, l’hôpital cantonal vaudois à Lausanne : ils étaient cinq conférenciers et chacun/e aurait mérité une soirée pour lui/elle.
Il y avait une unanimité qui m’a surpris : la médecine doit désormais tenir compte de la spiritualité des patients. Comment, c’est encore ouvert. De quoi exactement, règne une certaine confusion. Qu’est-ce que c’est, la spiritualité, plusieurs visions coexistent.
Soins et spiritualité : le passage au religieux
Jusqu’ici la série de mes articles sur « Soins et spiritualité » servait de préparation au passage décisif qu’est celui vers le religieux, en tant que concrétisation et institutionnalisation du spirituel. Jusqu’à présent je suis resté ambivalent dans l’utilisation des termes « spirituel » et « religieux ». D’un côté j’ai adopté la vision constructiviste de l’aumônerie des hôpitaux du canton de Vaud défendue notamment par Etienne Rochat, de l’autre côté j’ai maintenu le caractère insaisissable et indéfinissable de la spiritualité, en disant implicitement que définir le spirituel nous fait toujours basculer vers le religieux, avec ou sans Dieu. Chaque définition du spirituel a un côté religieux. Cela est particulièrement le cas là où l’individu donne sa vision du spirituel en disant ce qui compte vraiment dans sa vie, en un moment précis, ce que Paul Tillich a appelé « le souci ultime », « the ultimate concern ». Il transpose la sphère du spirituel qui transcende sa conscience en un champ défini, ses soucis ultimes, qui prennent un caractère plus ou moins religieux, donc, pour lui, absolu.
Pour un adolescent par exemple, les copains, l’amitié, le corps et son état d’âme sont des réalités intouchables et « sacrées ». Son champ religieux pourrait ainsi se présenter sous la forme suivante :
Soins et spiritualité : la sphère du spirituel
Dans mon dernier article sur la spiritualité j’ai déployé, – à partir de ce que j’ai appelé les bases anthropologiques du spirituel -, les espaces dans lesquels l’individu (nous-mêmes et nos interlocuteurs que sont les patients, les élèves ou les résidents) pourrait mettre sa conception du spirituel, où il voit la concrétisation de celle-ci, en lui-même, en autrui, dans la relation, au niveau matériel ou immatériel, bref, de quoi « il fait sa religion ». Cela peut être autant son corps, ses biens que son âme ou Dieu, autrui, son environnement, ses relations, « la nature » que lui-même, sa conscience, son inconscient, sa réflexivité. Chaque dimension du « bio, psycho, socio ou spirituel » peut être porteur ou véhicule du spirituel et devenir religieux, concrétisation d’un souci ultime.
