« reSPIRe – Spiritualité »

Significations du handicap mental : 11.14.2 « reSPIRe – Spiritualité »

La spiritualité en tant que dimension fondamentale de l’être humain est aujourd’hui reconnue dans la plupart des milieux de santé et d’éducation. Ce qu’est la spiritualité par contre, est controversé. Les uns la réduisent toujours au religieux, les autres se distancent clairement de cet aspect. Les approches divergent et les définitions foisonnent[1].

Ma définition de la spiritualité est simple :

à partir d’esprit et de respiration, de sa dimension de liberté, je l’articule avec religiosité, qui lui donne sa perspective d’ultime et d’absolu, tout en la mettant en forme ; mais je l’ouvre vers les autres formes, moins exigeantes en ce qui concerne la quête d’absolu : l’art et l’éthique ; d’où mon engagement sur le terrain aussi dans ces domaines (par le clown, des ateliers de partage et de réflexion, le sport, la participation à des lieux qui se penchent sur la déontologie, bientraitance-maltraitance, etc.).

Une centaine d’articles de mon site Internet traite de ce sujet, de près ou de loin. Une bonne part est issue du mandat qui m’a été confié en 2008 sur « La spiritualité dans les institutions sociales ». D’autres ont été le résultat de conférences, en milieu de soins et/ou en milieu d’éducation.

Armin Kressmann 2011


[1] Indication du caractère insaisissable et indéfinissable de ce qu’est la spiritualité ; comme la liberté, liée à la spiritualité.

11.3 Humain capable, humain vulnérable

Significations du handicap mental : 11.3 Humain capable, humain vulnérable

Qu’est-ce qui fait l’homme ?

Capable, « presque un dieu » (Psaume 8,6), vulnérable, « qu’est donc l’homme pour que tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en soucies ? » (Psaume 8,5) ?

Ce double trait qui caractérise l’être humain, ses capacités et sa vulnérabilité, traverse l’ensemble de l’accompagnement et de la « prise en charge » des personnes fragiles, les soins, l’éducation, la formation et les thérapies, si ce n’est pas le vivre ensemble tout court. Le rapport à autrui est toujours un donner et un recevoir, le rapport à soi-même un s’investir et un lâcher prise. Action et passivité, agir et subir caractérisent les liens que nous avons avec nous-mêmes, avec notre environnement et notre entourage. Et les institutions, dans le sens large du terme, sont là pour  organiser le tout, lui donner l’espace nécessaire pour qu’il puisse s’exprimer librement et répondre aux besoins des uns et des autres.

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Spiritualité et condition humaine

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Ce site, en quelques mots : une définition simple, mais abstraite (soumise à la discussion), de ce que sont « spiritualité », « handicap », « condition humaine », « art », « éthique » et « religion » :

Spiritualité est ce qui dépasse et englobe. Spiritualité est donc méta : méta immanent et méta transcendant. Ou : spiritualité est relation, perçoit et conçoit ce qui est « entre ».

Ainsi, spiritualité est communication ; communication d’esprit, donc d’être, essentiellement par l’art, l’éthique et la religion. Spiritualité transcende.

Quel rapport ai-je à mon corps (bio), à moi-même (psycho) et  à l’autre (socio et environnemental) et quelles sont les relations ou les corrélations entre ces données ? (1er ordre)

Et comment est-ce que je conçois et je vis ces rapports et corrélations, quelle est la relation que j’entretiens avec les rapports à mon corps, à moi-même, à autrui, au monde et à ce qui est entre eux ? (2nd ordre)

Dans le handicap, en situation de handicap, il y a obstacle dans ces relations. Handicap est donc condition humaine.

L’art illustre ces relations, l’éthique (ou la morale) leur donne une finalité, les ordonne et les subordonne, comme la religion, qui, elle, les personnalise et nomme un ultime.

Armin Kressmann 2012

La Chouette et la Lune – Des résidents de l’Institution de Lavigny s’expriment

A l’Institution de Lavigny (Suisse), – entre autre lieu d’accueil et d’accompagnement de personnes mentalement handicapées -, existent plusieurs ateliers et lieux de parole.

« La Chouette et la Lune », – la chouette pour la sagesse, la lune pour la vieillesse -, atelier tenu par l’aumônerie, articule dans une approche plus culturelle que religieuse la lecture du journal avec la spiritualité et la lecture de la bible. En suivent des discussions bien animées où ceux et celles qui maîtrisent le langage verbal se font souvent portes-parole des autres . Le site Internet « lachouetteetlalune » en témoigne.

On lit, on chante, on joue,

on discute et on rit,

on goûte, on mange, on réfléchit,

on apprend, on politise, on fait de la philosophie.

On est philosophes !

Armin Kressmann 2011

« Ich und Du, und was dazwischen ist » – Moi et toi, je et tu, et ce qui est entre nous (avec Martin Buber)

« Das Zwischen », l’entre : structure fondamentale de l’éthique et de la communication (notamment, mais pas exclusivement, avec des personnes mentalement handicapées)

Autrui en tant que tel m’échappe toujours. Il se montre seulement dans la rencontre. Ce qui apparaît de l’autre dans celle-ci m’est accessible, et non pas lui-même. La structure fondamentale pour apprivoiser autrui est donc ce qui se passe entre lui et moi, dans la „Zwischenmenschlichkeit“ d’un Martin Buber, entre „Ich und Du“, „moi et toi“. Je ne peux découvrir autrui qu’en situation, dans l’entre-nous.

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