Éducation et spiritualité 3 : l’éducatif, le curatif, le thérapeutique et le palliatif

Comme nous l’avons vu dans notre dernier article sur l’éducation et la spiritualité, « Prendre soin et mobiliser les ressources », l’accompagnement socio-éducatif, tout particulièrement de personnes en situation de handicap grave, voire extrême, demande une attention des deux côtés, du côté des soins et de celui de l’éducatif. Maintenant, nous devons différencier les approches davantage :

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Significations du handicap mental 4 – Il s’agit d’opérations

Significations du handicap mental : 4 Il s’agit d’opérations

Mais je suis en conséquence attentif à l’opérationnalité, la confirmation, « die Bewährung » (Karl Popper[1]), ce « qui se fait voir dans l’action » (Larousse en ligne ; 5.1.11), « l’ensemble des opérations qu’un outil permet d’exécuter » (Georges Saulus), ce que Daniel Diquemare décrit comme suit :

« L’opérationnalité, plus qu’une méthode ou un outil, est un état d’esprit. C’est d’abord et avant tout la volonté affirmée d’obtenir des résultats concrets et de lutter contre la fatalité (le sujet ne peut pas évoluer, nous n’avons pas les moyens de…).

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« Handicap mental » – Définition

« L’appellation « handicap mental » est passée dans le vocabulaire associatif, puis législatif (France, AK), désignant des personnes qui présentent des difficultés d’apprentissage et, d’une façon plus générale, cognitifs, souvent d’origine génétique, par accident néo-natal ou péri natal. » (Claude Hamonet ; Les personnes handicapées ; puf, Paris 2006, p. 20)

Le terme « mental » comporte la racine indo-européenne men- qui « indique les mouvements de l’esprit » (Dictionnaire des racines des langues européennes ; Larousse, Paris 1949, p. 123)  et qui est à l’origine d’un grand nombre de mots dans plusieurs langues. En sanskrit manyate veut dire « il pense ».

En grec menô veut dire « désirer », menos, c’est « l’esprit » (à distinguer de pneuma), memnêmai, « se souvenir », mnêmê, « la mémoire » et mnêmeion « le monument ».

En latin mens est « la pensée et l’esprit«  (à distinguer de spiritus et animus), amens et demens « qui a perdu l’esprit » et monere « faire penser, avertir ».

En français, à part « mental » on trouve, entre autres, aussi « manie, mentir, commentaire, démence, monument, mémoire, montrer … et monstre ».

Le Code civil suisse, qui parle de « faibles d’esprit » reprend donc littéralement le terme d’amentes dont Descartes a parlé dans une de ces Méditations.

Du gotique man, « je pense », peut-être mennisc, « homme » (être pensant) dérivent en anglais mind, « esprit » et man, « homme », en allemand, meinen, « penser » et Mann et Mensch, le « mâle » et « l’homme », voire la Minne, l’amour.

Que la pensée fasse l’homme est donc profondément ancré dans notre pensée et, en conséquence, aussi le doute que les personnes touchées par le handicap mental soient humains. La langue française opte pour l’humanité, parce que tous nous sommes enracinés dans l’humus, indépendamment de notre pensée ou notre esprit. Pour elle, l’humanité nous précède, contre Descartes.

Armin Kressmann 2010

Le triangle pédagogique selon Jean Houssaye

Selon C. Chauvin, « le kit de formation », Issy-les-Moulineaux 2001 ; J. Houssaye, « Le triangle pédagogique », Bern 1992

Axe 1 Processus « Apprendre »

Logique d’apprentissage où on favorise la relation entre l’apprenant et le savoir. Les outils visent à impliquer l’apprenant sur son propre processus d’apprentissage. L’apprenant est invité à « apprendre à apprendre » et à connaître son propre fonctionnement cognitif afin de pouvoir s’autoformer.

Axe 2 Processus « Enseigner »

Le formateur passe un message et un savoir.

Axe 3 Processus « Former »

Cet axe s’appuie sur la relation entre les parties comme source d’apprentissage. C’est le niveau de communication, l’analyse du transfert/contretransfert, l’effet Pygmalion: la perception que le formateur a de l’apprenant conditionne sa capacité à apprendre. Il correspond à l’ensemble des compétences de l’animateur en terme de savoir-être.

Dans une formation, les trois axes sont nécessaires, mais ils sont utilisés en
quantité différente et à des moments différents. Plutôt que s’opposer, ils doivent se compléter, sachant que le processus « Enseigner » et le processus « Former » sont des moyens pour permettre à l’apprenant d’accéder aux processus d’apprentissage et de gérer sa formation de manière autonome (« autoformation »).

Armin Kressmann 2002