11.10 La condition humaine comme condition judéo-chrétienne

Significations du handicap mental : 11.10 La condition humaine comme condition judéo-chrétienne

La tradition judéo-chrétienne déduit la dignité humaine de l’imago dei, de la conviction que l’homme est image de Dieu, à reconnaître et à protéger en tant que telle. Source première est évidemment le récit de la création en Genèse 1,26s où Dieu (se) dit :

« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » (TOB)

Par rapport à ce verset la TOB note en bas de page :

« Les termes image et ressemblance définissent l’homme (l’homme et la femme comme le souligne le v. 27) » (traduction œcuménique de la bible, note r)

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. » (Genèse 1,27)

Dans le Nouveau Testament l’affirmation de la Genèse est parfois lue au niveau anthropologique (1 Corinthiens 11,7), Continue reading

La vulnérabilité – une catégorie morale ? (Nathalie Maillard)

Si vous achetez le livre de Nathalie Maillard[1], vous en aurez au moins trois :

  1.  Une étude approfondie des différentes conceptions de l’autonomie et leur histoire,
  2. la partie sur la vulnérabilité comme nouvelle catégorie morale, tel le titre du livre, mais finalement sans point d’interrogation, et
  3. une confrontation entre la pensée de Paul Ricœur et celle d’Emmanuel Lévinas, toujours dans la même perspective, amenant le lecteur à cette limite qu’est celle entre la philosophie et la théologie (ou le religieux) : le rapport à l’autre quand l’autre est tout-autre.

Le parcours est exigent, mais finalement indispensable si on ne veut plus confondre ni les différentes formes de l’autonomie et celles-ci avec la liberté de choix et l’autodétermination,  ni la vulnérabilité avec la dépendance ou la faiblesse, ni les besoins avec les capacités, etc. etc. L’univers des soins, de l’éducation et de l’enseignement ne pourra qu’en profiter. Ce travail est à faire, d’autant plus que ces différentes notions sont parfois avancées dans les milieux de soin ou d’éducation non pas pour défendre les personne accueillies, mais dans l’intérêt des institutions qui les accueillent.

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« Ta faiblesse m’agresse » : Handicap – traumatisme et culpabilité

L’apparition dans une famille d’un enfant handicapé provoque un traumatisme et, avec celui-ci, de la culpabilité :

« Une famille au sein de laquelle naît un enfant non conforme (trisomique, arriéré, autiste, handicapé moteur, etc.) voit … immédiatement se dissoudre l’essentiel de son identité communautaire, sociale et même familiale. » (Jean-Paul Gaillard ; L’éducateur spécialisé, l’enfant handicapé et sa famille ; esf, Issy-les-Moulineaux 2008, p. 64)

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« Personnes en situation de handicap » – De qui parlons-nous ?

Celui qui entreprend de réfléchir et d’écrire sur le handicap, plus particulièrement sur le handicap mental, se voit tout de suite confronté à des mécanismes innés au phénomène qu’il veut aborder. Son environnement social, professionnel voire académique, – s’il ne fait pas lui-même partie du champ du handicap -, projette sur lui les concepts, les jugements et les préjugés dont sont exposées les personnes en situation de handicap. A priori l’environnement ne se rend pas compte de la portée générale d’un tel travail. Quand on parle du handicap, on parle d’une marge, qu’on considère comme marginale, dans le sens d’intérêt mineur, et qu’on néglige ou, ce qui vient au même, qu’on glorifie dans sa marginalité, ce qui est un mécanisme pour le rendre exceptionnel, donc de nouveau marginal. Très vite l’auteur se voit amené à justifier ce qu’il fait, à se justifier lui-même, – ce que je suis en train de faire -, et tente de prouver que ce qu’il dit ou ce qu’il dira concerne tout le monde, tout être humain, toute société, toute institution sociale. Pour pouvoir argumenter et pour être entendu dans son argumentation il doit remonter à l’essence même de ce qui fait un être humain et une personne. Consciemment ou inconsciemment le public auquel il s’adresse conteste la personnalité, voire l’humanité de ceux dont il est question et par conséquent la pertinence d’un travail sur le handicap pour l’homme (humain – « Mensch ») en tant qu’homme.

Il y a des humains parmi nous qui pour avoir le droit à une vie humaine dans des conditions humaines doivent prouver leur humanité ! Cette tâche est telle qu’ils risquent de s’y perdre avant même d’accéder à une vie humaine décente.

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Régine Scelles (dir.) (2008), Handicap : l’éthique dans les pratiques cliniques. Postface d’Emmanuel Hirsch

Editions érès, Ramonville Saint-Agne, 293 pages

ISBN 978-2-7492-0955-5

Recension publiée dans Bioethica Forum,  Journal Suisse d’Éthique Biomédicale, vol. 2, no. 2, 2009

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