Comment sans choix être autonome ?

5ème article de la série On m’appelle handicapé

Je vous propose donc de me prendre comme je suis, un être humain et une personne comme vous. Ma vie n’a pas plus ni moins de valeur que la vôtre. Je suis un être humain et une personne comme vous. Prenez-moi comme je suis. Je dois aussi vous prendre comme vous êtes ; moi-même dans ma situation, dans la dépendance qui est la mienne, je n’ai pas le choix et beaucoup moins de moyens et de possibilités à me soustraire à ceux et celles qui sont là et qui s’occupent de moi, qui entrent dans ma chambre, qui me soignent, font ma toilette, me douche et m’habillent, et qui me nourrissent. On ne me demande pas si toutes ces personnes qui passent, qui viennent et qui partent me plaisent et me conviennent. Il y en a qui sont gentilles, d’autres sont rudes. C’est l’institution qui les choisit, qui décide pour moi, ni ma famille ni mon tuteur ; ces derniers, à ce sujet, n’ont rien à dire et quand ils s’en expriment, ils prennent le risque d’être mal vus. Vous voyez, nous les « fous » et les « monstres » sommes très tolérants et supportons des choses que vous n’accepteriez pas. Pour nous, pas de libre choix des intervenants, ni de chambre, ni du menu du jour, ni de l’heure du coucher ou du lever. Alors, quand nous nous défendons à notre manière, par des cris, des comportements dits inadéquats, des réactions fortes, physiques ou psychiques, essayez de comprendre ce que nous voulons dire.

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Médecine, santé et spiritualité

La Commission des sciences humaines de la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne mène un cycle de conférences publiques sur le thème « Médecine, santé et spiritualité ».

Prochain rendez-vous en septembre 2010 : sociologie des religions

Tous ceux et celles qui s’intéressent à la question de la place de la spiritualité en milieu hospitalier ou en institution sociale reçoivent matière à réfléchir et sont interpellés. En ce qui me concerne, des questions et des constats nombreux m’habitent déjà :

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La vie spirituelle et religieuse en institution sociale – Fondements, principes et pratiques

Fondements

-          L’accompagnement des personnes accueillies et hébergées s’inscrit dans une tradition assumée, explicite et explicitée, soit-elle laïque ou confessionnelle.

-          La spiritualité, dans un sens large, en est une composante fondamentale.

-          Les convictions, les croyances et les pratiques religieuses des résidents, résidentes, accompagnants et accompagnantes sont respectées.

-          L’institution veille à ce que l’épanouissement physique, psychique, sociale et spirituelle des résidents et résidentes ne soit pas entravé.

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Spiritualité en milieu hospitalier : critique

-         La « détresse spirituelle », est-ce une « pathologie spirituelle » ou une réaction « normale » face à une « pathologie physique, psychique ou sociale » ? C’est-à-dire, n’est-ce pas une sorte de « fièvre spirituelle », un symptôme « sain » d’une pathologie physique ou psychique[1] qui s’exprimerait au niveau spirituel ? Quel est le lien avec le psychosomatique et à quel moment la détresse serait à qualifier comme pathologique ?

Ces questions ont une certaine importance dans l’univers du handicap, du fait que celui-ci est toujours et encore, à juste titre ou non, rapproché à celui de la maladie et de la « folie » ; elles pourraient nous mettre sur des pistes pour sonder les « bonnes raisons », les logiques qui guident des personnes en situation de handicap, notamment mental, dans des attitudes et des actions qui pour les « normaux » et « bien-portants » manquent de logique. Et il se pourrait même que des réactions dites normales soient anormales, voire pathologiques, dans une situation de handicap donnée et que ce qui est considéré comme anormal soit plus normal et plus sain que le normal ; en conséquence, une réaction ou une attitude soi-disant « normale », mais inappropriée, de la part de l’entourage, professionnel ou non, pourrait s’avérer abusive et à la limite maltraitante.

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Spiritualité en milieu hospitalier : l’accompagnement spirituel

L’évaluation des besoins spirituels des personnes hospitalisées, par une approche systémique et inductive, travaille avec la définition suivante de la spiritualité :

« La spiritualité de la personne hospitalisée est définie par la cohérence singulière qu’elle donne à connaître lorsqu’elle déclare son sens à l’existence, manifeste ses valeurs et désigne sa transcendance. Cette cohérence fonde son identité. » [1]

L’aumônier, – ou tout intervenant en tant que spécialiste, comme nous l’avons vu -, est en quelque sorte chercheur qui se confronte comme sujet, avec sa spiritualité, au sujet qu’est le patient avec sa spiritualité. Le professionnalisme de l’intervenant lui fait prendre une « distance thérapeutique » suffisante, quasi « scientifique », qui évite les risques de prosélytisme ou de fantasmes de toute-puissance :

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