Le modèle bio-psycho-socio-spirituel de la vie (spirituelle) et l’accompagnement spirituel

Le modèle des quatre dimensions spirituelles établies et développées à partir des deux axes intériorité/extériorité et immanence/transcendance nous permet de poser les enjeux, encore hypothétiques, de l’accompagnement spirituel :

1. Toutes les dimensions de l’existence de la personne humaine participent à sa vie spirituelle :

a. Le physique (bio-)

b. Le psychique (psycho-)

c. Le social (socio-)

d. L’explicite spirituel (spirito-)

Autrement dit, le spirituel a besoin d’un support physique, psychique et social.

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Religion et spiritualité : vision classique et vision moderne

Religion est Dieu institutionnalisé, rendu audible, visible, tangible, à travers des représentations, la parole, des rites, des dogmes, des images, des actes, une morale, etc., donc médiation entre une réalité par définition en soi inaccessible, la transcendance, et le monde des humains, dans l’immanence. Traditionnellement la spiritualité est spiritualité religieuse, en principe ascèse, – activement faire du vide, se dépouiller, pour accueillir l’Esprit, la présence de Dieu -, ou mystique, – entrer en lien direct avec Dieu lui-même, recevoir le tout, sans aucune autre médiation :

Traditionnellement, la spiritualité fait partie du religieux, comme l’art, pour une bonne part, comme l’éthique ou la morale.

Aujourd’hui, c’est différent, ce qu’on peut appeler l’émancipation du spirituel,

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Besoins spirituels et religieux : la vision classique

Dans une vision classique d’une hiérarchie des besoins, les besoins spirituels et religieux figurent tout en haut, tel que Maslow l’a formulé dans la révision de sa pyramide des besoins :

C’est ainsi que le religieux a été essentiellement compris, jusqu’au milieu du XXème siècle, aussi en Occident :  le religieux englobe le spirituel. Et ce dernier est d’abord une pratique, sous forme d’ascèse, – abstention -, ou de mystique, – fusion :

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Spiritualité et spiritualités : « spiritualités croyantes »

Les « spiritualités croyantes »[1] reconnaissent un « au-delà », s’inscrivent dans une tradition et une culture[2], reçoivent quelque chose qui est donné et qui vient d’ailleurs. Elles pensent la spiritualité à partir d’une histoire, voire d’une « révélation »[3]. Si celles-ci sont rattachées à un absolu qu’on appelle ou qu’on peut appeler Dieu, ces spiritualités sont religieuses, et la pensée qui les pense s’appelle théologie. Autrui est un autre. La transcendance se manifeste dans l’immanence ; c’est elle, la transcendance, qui transcende la condition humaine.

Le principe d’accompagnement qui les guide est la bienfaisance, son fondement le paternalisme[4]. En matière morale et spirituelle, on fait comme les « pères » ont fait.

Armin Kressmann, Rapport « La spiritualité et les institutions », CEDIS 2008


[1] Avec des auteurs comme Hans Urs von Balthasar, Paul Tillich, Alasdair McIntyre ou Stanley Hauerwas, qui nous intéressent dans notre contexte.

[2] La laïcité a évidemment aussi une histoire et fait partie d’une culture ; mais pour la pensée autonome, en principe, on peut en faire abstraction et faire comme si on partait à zéro. Dans ce sens, ce type de spiritualité qui mise sur l’autonomie quasi absolue du sujet pensant est quasiment anhistorique.

[3] En écho à la note précédente, je dirais que toute spiritualité a une dimension de foi, mais sans tout de suite parler de foi en Dieu. Quelque part spiritualité n’est jamais « raisonnable ».

[4] Sans jugement de valeur ! Ne pensons qu’au paternalisme médical remontant au Sermon d’Hippocrate.

« Spiritualité et spiritualités  12 : « spiritualités laïques »

Spiritualité et spiritualités 14 : « principlisme » – bioéthique »

Vulnérabilité et capabilité : transcendance, esprit, spiritualité, art et rite

Si nous revenons à la vulnérabilité en fonction de l’âge comme mesure pour le développement de la personne, nous sommes confrontés à une limite absolue : l’entrée et la sortie de la vie biologique, donc la frontière de la naissance et de la mort. Inévitablement se pose la question : y a-t-il quelque chose avant et après, y a-t-il une transcendance ?

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