Le handicap (sévère) et la théologie négative

Une voie de la théologie nous offre des pistes pour sortir de l’impasse d’une théologie affirmative qui, pour être « guérie », renvoie la personne en situation de handicap à son propre handicap et à sa seule foi, au handicap au premier degré, à ses vulnérabilités physiques, psychiques et mentales. La tradition parle, malheureusement, de « théologie négative » ; je l’ai appelée « théologie palliative », conscient que cette dernière dénomination pourrait prêter à confusion, notamment pour tous ceux et celles qui, quand on parle du « palliatif », entendent « on ne peut plus rien faire » et se détournent de la personne concernée, en la laissant avec elle-même, donc, encore une fois, en situation de handicap, ce qui est le contraire de son intention (et de celle des textes bibliques).

La « théologie négative » ou « palliative », comme les soins palliatifs, accueille la personne telle qu’elle est, en travaillant sur son environnement, sans chercher à changer la situation en voulant changer (la « santé » de) la personne, sans vouloir la « guérir », elle-même. La théologie négative reçoit Dieu sans se prononcer sur lui, sachant que toute énoncé sur Dieu ne parle pas de Dieu tel qu’il est. Continue reading

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » … (Descartes)

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » …

Cette phrase est de René Descartes, tirée de ses Méditations, publiées à Paris en 1641 en latin, et en 1647 en français, sous le titre :

« Les Méditations métaphysiques de René Descartes touchant la première philosophie, dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées. »[1]

Pas seulement l’œuvre dans son ensemble, mais aussi la petite phrase a fait histoire ; elle a provoqué, plus que trois cents ans plus tard, dans les années soixante-septante du siècle passé, ce qu’on appelle « La querelle sur la folie »[2], dispute vive entre Michel Foucault et Jacques Derrida. Dans le petit passage que Descartes avait consacré à la folie, Foucault voyait un tournant historique dans la conception et dans la prise en charge de la folie : désormais, à partir de Descartes, la folie était exclue de la raison ce qui, selon Foucault, était le début de son enfermement, de tout ce qu’il dénonce dans « L’histoire de la folie à l’âge classique »[3].

La folie est-ce raison ou déraison ?

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« Mais quoi ? ce sont des fous … » Raison ou déraison de la raison de la folie

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » … « ce sont des fous … »

Cette phrase est de René Descartes, tirée de ses Méditations, publiées à Paris en 1641 en latin, et en 1647 en français, sous le titre :

« Les Méditations métaphysiques de René Descartes touchant la première philosophie, dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées. »

Pas seulement l’œuvre dans son ensemble, mais aussi la petite phrase a fait histoire ; elle a provoqué, plus que trois cents ans plus tard, dans les années soixante-septante du siècle passé, ce qu’on appelle « La querelle sur la folie », dispute vive entre deux autres grands philosophes, Michel Foucault et Jacques Derrida.

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