La spiritualité : l’enveloppe de l’enveloppe de l’enveloppe

Dans une série d’articles j’ai approfondi le modèle bio-psycho-social de l’être humain proposé pour remplacer le modèle bio-médical en médecine par George L. Engel. J’ai montré que s’impose une quatrième dimension, la spirituelle, sous deux formes :

1. justement comme quatrième dimension, ce qui nous mène vers une modèle spirito-bio-psycho-social ou bio-psycho-socio-spirituel,

2. comme méta-réalité, le spirituel englobant les autres aspects et les tenant ensemble. En ce deuxième cas la quatrième dimension serait davantage constituée par le souci religieux de l’être humain, sa quête de rassembler l’ensemble de ses expériences de vie (Emile Benveniste) et de le relier à un ultime.

Par ces considérations j’arrive maintenant à une vision plus globale de la spiritualité, celle d’enveloppe. Ce concept est bien connu en psychologie, sous le terme « enveloppe psychique » ou le « moi-peau » (Didier Anzieu). La construction de l’enveloppe psychique se fait par l’intériorisation de la fonction contenante de la mère ou de la fonction maternelle (« fonction alpha »).

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« Ta faiblesse m’agresse » : Handicap – traumatisme et culpabilité

L’apparition dans une famille d’un enfant handicapé provoque un traumatisme et, avec celui-ci, de la culpabilité :

« Une famille au sein de laquelle naît un enfant non conforme (trisomique, arriéré, autiste, handicapé moteur, etc.) voit … immédiatement se dissoudre l’essentiel de son identité communautaire, sociale et même familiale. » (Jean-Paul Gaillard ; L’éducateur spécialisé, l’enfant handicapé et sa famille ; esf, Issy-les-Moulineaux 2008, p. 64)

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Soins et spiritualité : les espaces spirituels

Les deux axes fondamentaux (ce que j’appelle les bases anthropologiques du spirituel) sont

1. intériorité – extériorité, donc moi face à l’autre et

2. immanence – transcendance, donc ici face à ailleurs ou là et au-delà

Ils déploient l’espace spirituel :

Cet espace se divise en quatre champs

1. celui de l’intériorité – moi                  3. celui de l’immanence – ici

2. et celui de l’extériorité – hors moi     4. et celui de la transcendance – ailleurs

.

Et c’est dans ces quatre champs que se joue la question de l’identité, dans les quatre quadrants ouverts par nos deux axes de la spiritualité   :

1. la mêmeté, à l’intérieur du moi immanent

2. l’altérité, à l’intérieur du quadrant ouvert ici par un autre immanent

3. l’ipséité, à l’intérieur de moi me transcendant, un « moi-même comme un autre »

4. et la mystique, relation ouverte par un autre transcendant, une altérité toute-autre

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Réalisation de soi, besoins spirituels et transcendance

Vers la fin de sa vie, Maslow a élargit son modèle de la pyramide des besoins. Tout en haut, à la place du besoin d’actualisation ou de réalisation de soi, figure maintenant la « transcendance » qui peut prendre des formes diverses, dont celle du sacré, divin, finalement de « dieu »,  même si ce n’est qu’un dieu minuscule, toujours humain, ou « métahumain » comme il dit, donc une transcendance plus immanente que réellement transcendante (on y trouve quelque part déjà une sorte de spiritualité laïque telle qu’elle est défendue par quelqu’un comme André Comte-Sponville) :

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Le développement du jugement moral : Dewey, Piaget, Kohlberg

John Dewey, était le premier qui a lié le développement cognitif avec l’éducation morale . C’est lui qui postulait trois niveaux du développement moral :

1. Le niveau « pré-moral » ou « pré-conventionnel », déterminé par des impulsions biologiques ou sociales
2. Le niveau « conventionnel », « où chaque individu reprend sans critique notable les standards du groupe »
3. Le niveau « autonome » du comportement, « où on s’oriente par sa propre pensée et son propre jugement, sans reprendre les standards du groupe sans critique. »

Ce modèle, qui n’était que théorie, a été adapté et poursuivi par Jean Piaget par rapport à ses propres niveaux du développement cognitif ; il définissait les mêmes trois niveaux, cette fois-ci d’une manière plus expérimentale :

1. Un niveau pré-moral : sans orientation par rapport à des règles
2. Un niveau hétéronome : le respect formel de règles
3. Un niveau autonome : une prise en considération de la finalité et des conséquences du respect de règles

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