(avec la Traduction oecuménique de la bible, TOB 1988 ; Kathy Black, Evangile et handicap, Une prédication pour restaurer la vie, Labor et Fides, Genève 1999 ; Walter Bauer, Wörterbuch zum Neuen Testament, de Gruyter, Berlin 1988)
« En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui posèrent cette question : ‘Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents ?’ Jésus répondit :’ Ni lui ni ses parents. Mais c’est pour que les oeuvres de Dieu se manifestent en lui ! »
La TOB commente : « Jésus écarte les théories courantes sans se soucier d’en proposer une nouvelle. Il constate le fait de l’infirmité et agit en vue d’assurer à cet homme sa pleine intégrité physique ; il accomplit par là un signe qui manifestera aux hommes son origine divine et les invitera à recevoir la véritable lumière. Le passage de l’aveuglement à la vue symbolise celui de l’incrédulité et de la mort à la foi et à la vie. Dans ce sens, l’aveugle (qui est le seule aveugle de naissance du N.T.) pourra être considéré comme le prototype de ceux qui accèdent à la foi. »
Nous devons tout de suite relever que l’aveugle ne demande rien ; il est d’une passivité étonnante. Ce n’est qu’après « miracle », – imposé, offert ? -, où il se manifeste :
« L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, m’en a frotté les yeux et m’a dit :’Va à Siloé et lave-toi’. Alors moi, j’y suis allé, je me suis lavé et j’ai retrouvé la vue. » » (v. 11)
Si conversion il y a, « accès à la foi », elle n’est pas condition de guérison; l’homme ne fait pas le moindre pas. La foi est grâce1 ; sauf si on considère le passage de l’homme, – déjà guéri ou pas encore ? -, à Siloé, – « ce qui signifie Envoyé » (v. 7) -, comme « oeuvre » en vue de guérison. Devenu « envoyé », l’homme guérit.
Kathy Black dit : « Une autre question qui surgit est le fait que ce texte contredit la théologie qui voudrait faire de la foi une condition préaliable à la guérison. Mais dans notre cas, on voit bien que l’homme n’était pas encore croyant au moment de sa guérison. Sa foi s’est développée à partir du moment où il a dû rendre compte de son expérience à ses adversaires. Oserions-nous nous mettre à apporter la guérison à ceux qui ne font montre d’aucune foi ? Comment évoluerait l’Église si nous cessions d’exiger des confessions de foi avant de nous engager activement pour le salut de notre monde ? » (p. 68)
Je vais encore plus loin : l’homme a-t-il besoin de guérison physique pour confesser sa foi ? Continue reading