Il y a une seule tromperie qui se justifie : tromper la mort. Le contrat est clair : nous devons tous mourir. La dignité humaine est donc vivre, malgré la mort. La mort, elle, n’a pas de dignité ; elle a seulement raison. Se suicider est donner raison à la mort, c’est remplir le contrat,… Continue reading »
août
05
Justification du paternalisme (John Rawls) et l’éthique d’avocature (Micha Brumlik)
Le paternalisme est décrié ; pourtant nous nous remettons régulièrement à l’appréciation d’autrui quand nous sommes à la limite de notre capacité de juger une situation et ne savons plus quoi faire : « Docteur, dites-moi, qu’est-ce que vous feriez à ma place ? » Même le médecin comme patient n’est plus médecin, mais patient. Qu’est-ce qui justifie le paternalisme, l’impose même
John Rawls[1] dit :
« Le problème du paternalisme mérite … une discussion, puisqu’il a été mentionné dans l’argument en faveur de la liberté égale pour tous et qu’il concerne une liberté moindre …
juil
21
Les « capabilités » selon Martha Nussbaum
Amartya Sen parle de « capabilité », l’ensemble des fonctionnements potentiellement accessible a une personne, que ceux-ci soient réalisés ou non.
Martha Nussbaum à son tour, suite au travaux d’Amarty Sen, parle de « capabilités humaines » au pluriel,
« what people actually are able to do and to be, in a way informed by an intuitive idea of a life that is worthy of the dignity of the human being. I identify, dit-elle, a list of central human capabilities, arguing that all of them are implicit in th idea of a life worthy of human dignity. » (Frontiers of Justice ; Harvard University Press , Cambridge 2007, p. 70)
La théorie de justice de Martha Nussbaum, dans la ligne de Rawls et de Sen, accorde à chaque personne le droit à réaliser sa ou ses « capabilités ».
Ce qui est intéressant dans cette approche, – par rapport à une logique des besoins, Maslow, Rosenberg, etc., qui part d’un déficit à combler, donc une logique plutôt médicale et de soins parlant de vulnérabilité -, est le principe de potentialités, de capacités potentielles à réaliser. Nous sommes en conséquence plutôt dans une logique sociale et éducative, plus proche de ce que veut atteindre la CIF, la Classification Internationale du Fonctionnement, de la Santé et du Handicap.
juil
21
Se retrouver en situation de handicap à cause de sa beauté
Nous pensons en général qu’être handicapé serait toujours lié, directement ou indirectement, à un déficit, physique, sensoriel ou mental, une incapacité ou un défaut quelconque. C’est faut. Toute différence qui met quelqu’un hors norme peut l’amener aussi en situation de handicap. Nous connaissons par exemple les enfants et les adultes surdoués, dont des témoignages glanés sur l’Internet se trouvent sur le site douance.be :
« Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu’un épouvantable doute m’étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs ? » (Pierre Desproges)
Donc, des qualités humaines peuvent amener des personnes en des situations où elles sont handicapées, défavorisées, discriminées, exclues. En quelque sorte, handicap et discrimination sont synonymes.
juil
20
Axiomes et postulats sur le handicap
Au niveau des représentations, le « handicap » surgit là où il y a confrontation de déficience, d’incapacité, voire de simple différence, avec « institution », avec le fait institutionnel (l’ordre social institué, c’est-à-dire avec une dimension de droit positif, lois, normes et règles). C’est le postulat principal de mes recherches. Il s’inscrit dans un enchaînement d’axiomes et d’autres… Continue reading »