Éthique minimale négative et éthique minimale positive – Non-maltraitance et bientraitance

 

Non-maltraitance

L’éthique minimale « négative » selon R. Ogien  :

« Ne pas nuire aux autres. »

 

Bientraitance

L’éthique minimale « positive » selon G. Saulus :

« Bonjour – Comment vas-tu ? – Sourire »

« Bonjour ! »

Prendre note de l’autre : « Tu existe. »

« Comment vas-tu ? »

Manifester l’intérêt

Ouverture vers un changement de perspective

Sourire

Manifester une émotion : sympathie – empathie

Le souci de l’autre – Un décentrement

La bientraitance : ne pas maltraiter ne suffit pas

La bientraitance est autre chose que la simple non-maltraitance.

Mettre en place un cadre de normes, – de lois, de règles et de procédures -, en vue de combattre la maltraitance, ne suffit pas pour garantir la bientraitance.

La bientraitance est une réalité au-delà de ce qui se laisse définir par ce qu’on peut appeler l’institutionnel.

Celui-ci, soit-il étatique, déontologique, procédural ou moral personnel, n’est qu’un premier pas ; nécessaire, mais insuffisant.

Il donne le cadre dans lequel la bientraitance peut se réaliser et être vécue.

Prenons la métaphore du jeu :

  • Les règles d’un jeu permettent de décrire le jeu. Elles donnent le cadre et les consignes pour qu’on puisse jouer, – en tout cas pour ceux qui savent jouer ce jeu -, mais elles ne permettent pas d’apprendre à jouer à ceux qui ne le connaissent pas et encore moins de représenter et de raconter une partie réelle de jeu. Nous sommes, – pour parler avec Wittgenstein, ce qu’il a dit par rapport au langage qu’il compare au jeu -, dans l’impossibilité de définir d’une manière abstraite le jeu.
  • Bientraitance est langage : pour bien parler ou écrire, il ne suffit pas de connaître les règles, la grammaire, la syntaxe l’orthographe d’une langue.
  • Comme dans l’art, d’une manière générale, ou dans le sport, la bientraitance a un dimension qui dépasse les règles de la bientraitance.

La pratique de la bientraitance doit s’acquérir par un apprentissage, se développer par un entraînement et se mettre à l’épreuve de la réalité du jeu.

La bientraitance, pensée positivement, comme une donnée, appartient à la sphère du spirituel. Bien traiter est transcender, bien traiter autrui est le transcender et se transcender soi-même. Quand il y a bientraitance, il y a rencontre, événement, un moment où le temps et l’espace sont suspendus, un moment utopique et uchronique réel.

Cependant, bien jouer ne veut pas dire gagner ; ce n’est que dans la rétrospective, après le jeu, après la partie jouée, après les événements, qu’on peut dire si bientraitance il y a eu.

Davantage, – dans une perspective utilitariste, téléologique, où c’est le résultat qui compte, la fin qui justifie dans une certaine mesure les moyens -, le fait de gagner, au contraire, pourrait même être le résultat d’une maltraitance, un risque que tous ceux qui sont actifs dans le secteur socio-éducatif ne devraient jamais oublier.

Nous ne savons pas ce que c’est, la bientraitance, mais quand elle a lieu, nous la reconnaissons tous.

Nous ne savons pas ce que c’est, et pourtant, nous devons en parler et l’étudier : nous entraîner ensemble en bientraitance.

Ce ne seront que les spectateurs et les « bénéficiaires » qui pourront nous dires, après chaque partie de jeu, si nous avons bien joué.

Armin Kressmann 2013

Institutions socio-éducatives et handicap mental : miser sur l’autonomie ou l’empathie ? le libéralisme ou le communautarisme ?

Quand on a affaire avec une population aussi vulnérable que les personnes en situation de handicap, – surtout quand il s’agit de handicap mental -, on ne peut pas miser sur la seule autonomie1, d’autant plus que le handicap mental est justement « handicap d’autonomie ».

L’universalisme libéral mise sur l’autonomie, avec une visée de justice et/ou d’équité. Il repose sur les règles de vie qu’on s’impose, finalement sur la loi (morale).

La loi ne peut pas pardonner ; elle doit sanctionner.

C’est le défi lancé à une institution qui reposerait entièrement sur le principe de la laïcité, même ouverte2. Quand dysfonctionnement, personnel ou institutionnel, il y a, même sans faute ou culpabilité, elle doit sanctionner, et si ce n’est que par une nouvelle directive ou procédure. Ne connaissant pas de transcendance, elle risque, en régulant de plus en plus, finalement jusqu’au dernier détail, de devenir totale, voire totalitaire (cf. Erving Goffman ou Jean-Paul Gaillard).

Sans transcendance pas de pardon (ou d’excuse).

Une institution reposant entièrement sur la loi (les normes, les règles, les directives et les procédures), ne connaîtrait pas l’amour (du prochain) comme principe de régulation commun reconnu comme tel.

A l’opposé, une institution3 qui reposerait entièrement sur l’amour (du prochain4), celui-ci n’étant jamais parfait ou entièrement désintéressé, risquerait un laisser faire par manque de rigueur commune.

Il faut donc trouver un équilibre entre une régulation par la loi et un engagement par empathie : Continue reading

Les institutions socio-éducatives et leurs chartes : entre libéralisme, communautarisme et procéduralisme (Institution de Lavigny, Eben-Hézer et de L’Espérance)

Qu’est-ce qui devrait figurer dans une charte éthique d’une institution socio-éducative ?

Comment l’établir ? Comment s’en approprier ?

Voici une mise en parallèle des mots clé de trois chartes d’institutions qui accueillent et accompagnent notamment des personnes mentalement handicapées :

Les chartes elle-mêmes peuvent être consultées sur les sites des trois institutions

Eben-Hézer

Institution de Lavigny

L’Espérance Continue reading

Warum sollte unser Zusammenleben harmonisch und die Welt eigentlich gerecht sein ?

Theologie redet nicht von Gott, sondern von dem, was wir von Gott zu verstehen glauben.

Grundlage ist die von uns geglaubte Selbstoffenbarung Gottes im Zeugnis der Bibel.

Dies ist Glaubenssache und beweist in keiner Weise Gottes Sein oder seine Existenz.

Auch dass unsere Erkenntnis und unser Glaube von und an Gott von Gott gegeben sind, ist Glaubenssache.

Ich will nicht einmal so weit gehen wie Kant und Gott als Möglichkeit von der Vernunft her logisch begründen (falls ich Kant verstanden habe …). Der Glaube genügt mir, auch ohne Endzweck der Schöpfung, Daseinszweck oder Gott als notwendige Idee der Vernunft.

Gerade ohne Notwendigkeit wird Gott zu Gott, als das oder der oder die, der ausserhalb und zwischen allem steht wenn alles gedacht und geglaubt ist. Das ist das Schöne und Verehrungswürdige an Gott.

Und so ist auch die Würde des Menschen an und für sich, sowie ihre Unantastbarkeit in letzter Instanz eine Glaubenssache, Ethik also transzendental. Man kann sich darüber streiten, mit Kant (?), ob sie aus der praktischen Vernunft abgeleitet werden kann. Dass man seine Würde nicht verlieren kann ist Glaubenssache ; man kann sie auch dann nicht verlieren, wenn sie verletzt wird.

Was bleibt ist die Würde.

Im Gegensatz zu Gott bleibt sie aber nicht übrig. Sie ist innig. Vielleicht ist das auch so beim Geist Gottes.

Darum ist die Würde auch leichter zu « handhaben », zu achten, missachten oder verletzen. Die Würde kann angetatstet werden, auch wenn oder gerade weil sie unantastbar ist.

Gott ist nicht unantastbar ; er ist aber auch nicht antastbar.

Ob Gott Würde hat, das weiss ich nicht ; nicht einmal das. Ist heilig und würdig dasselbe ?

Wer sagt uns denn ob und warum der kategorische Imperatif eine absolute Notwendigket ist ? Warum sollte unser Zusammenleben harmonisch und die Welt eigentlich gerecht sein ? Schön wäre es, auch wenn es nicht so ist. Und auch mit Gottes Gerechtigkeit ist es so eine Sache.

Armin Kressmann 2013