L’aumônerie et l’accompagnement spirituel à l’Institution de Lavigny (Suisse)

« ReSpirE » – Petite brochure sur l’accompagnement spirituel à l’Institution de Lavigny (hébergement handicap mental et physique, hôpital, école)

- ses dimensions, ReSpirE, le religieux, le spirituel et l’éthique

- les critères d’une spiritualité bonne et bienveillante

- les activités de l’aumônerie site Lavigny-Morges, le bénévolat, les contacts

Fêtes chrétiennes et condition humaine (ou handicapée) – Pour une déontologie du spirituel

Dans la pratique éducative, dans l’accompagnement et dans la formation des personnes accueillies en institution, même dans le religieux sont d’abord à relever sa dimension et sa fonction pédagogiques (ou éducatives) et philosophiques (ou théologiques), avant son aspect proprement religieux, c’est-à-dire la célébration en actes et en paroles d’une réalité reconnue comme absolue et ultime (par ailleurs, parler de Dieu est justement refuser de reconnaître une réalité autre qu’absolue comme absolue et ultime). Je défends donc en tant qu’aumônier une pratique religieuse contrôlée et consciemment réfléchie, d’abord et aussi pour des raisons pédagogiques et éducatives. Les fêtes chrétiennes nous offrent une pratique dans une telle perspective, la structuration dans le temps, l’espace et l’esprit des questions ultimes issues de la confrontation avec la vie et la mort, le bonheur, le malheur et la souffrance, la justice, l’injustice, les conflits et la paix, l’origine et l’au-delà, finalement des pistes pour scruter le sens de la vie.

Tableau des fêtes chrétiennes, leur sens biblique, leur signification et leur fonction pédagogique et socio-éducative (fichier .pdf)

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Face à la mort : « ReSpirE – Religion, Spiritualité, Ethique »

« Le sens du monde réside hors monde. »

« Je sais que le monde existe. Que je m’y trouve comme mon œil dans mon champ visuel. Qu’il y a quelque chose de problématique, ce que nous appelons son sens. Que ce sens ne réside pas en lui, mais en dehors de lui. Que la vie est le monde. » (Ludwig Wittgenstein)

Enjeux et questionnements

La question de la mort et de la vie après la mort est d’abord philosophique et, en l’occurrence devant le handicap mental profond, pédagogique, ensuite religieuse :

Dans nos relations, reconnaissons-nous une référence commune, un tiers commun autre que la loi (c’est-à-dire tout ce qui est institutionnel dans le sens large du terme) ? Et si oui, qui est-il ?

Avec la mort, la question de l’ultime, du premier et du dernier fait irruption.

« ReSpirE » : la spiritualité pose la question, la religion y répond concrètement (elle nomme l’ultime, rend visible l’invisible, accessible l’inaccessible) et l’éthique en tire les conséquences pratiques.

  • Quel est le sens de la vie ? Et de quoi découle-t-il ? Quel est le souci ultime et comment se concrétise-t-il ? Quel est le sens de la mort ?
  • Qui est au centre des funérailles ? Le défunt ou les survivants ? La mort ou la vie ?
  • Dans nos relations et devant les ruptures des relations, reconnaissons-nous une autre référence que toi et moi ? Y a-t-il un tiers dans nos histoires de vie ?
  • A qui attribuer le pouvoir absolu, le pouvoir sur la vie et sur la mort ?
  • Qui porte la responsabilité ultime ? Moi, toi, l’institution, l’État, la société, Dieu ?
  • Et qui porte la coulpe, la culpabilité objective ? Peut-il avoir pardon ?

Armin Kressmann 2011

« charlynews » – des nouvelles d’une aventure catéchétique

Comment aborder la question de Dieu, – de sa justice, de sa paix, de son amour -, avec des jeunes dont la vie est plus que bousculée ?

À l’École Pestalozzi à Échichens nous le tentons, – Mary Dreier, une collègue catholique, et moi-même -, en introduisant cette figure de Charly, présence-abscence comme celle de Dieu dans une vision que j’appelle « théologie palliative ».

« Ceci n’est pas du catéchisme »,

notre démarche n’apporte que nous-mêmes dans notre fragilité lors de rencontres où Dieu, s’il existe,  nous rejoint dans le creux du mystère de ce que nous appelons la résurrection : au-delà du tombeau vide où nous avons pu déposer, si tout va bien, les soucis, les angoisses, les colères, les séparations et les deuils que ces jeunes ont déjà vécus à leur jeune âge.

« RienAVoir » – Rien avoir, rien à voir ? Qu’y a-t-il au sein de rien ?

Sur le site « charlynews » nous rendons compte de ce que nous vivons.

Armin Kressmann 2011

 

Respirer contre toute respiration

10ème article de la série On m’appelle handicapé

J’ai parlé de Dieu, d’une réalité devant laquelle nos différences deviennent négligeables. Ce serait déjà raison suffisante pour garder la foi. Tous égaux, enfin, parce que l’autre égalité, celle des Droits de l’Homme, au fond ne concerne que les citoyens, justifie ainsi sa propre transgression et, comme conséquence, l’exclusion[1] de personnes comme moi de certains des droits proclamés. Moi, je ne suis pas citoyen, je suis interdit, étranger dans mon propre pays. L’égalité de tous, au-delà de la capacité de raisonnement, est peut-être ce qui fait aussi renier Dieu, par peur que, devant une instance absolue, les différences s’estompent ; c’est donc une question de pouvoir. Qui aimerait être comme moi, impuissant ? A l’opposé l’autre dérive : se faire Dieu, encore une fois pour exercer du pouvoir.

Laïcité radicale ou exclusive et fanatisme religieux se rejoindraient alors ?

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