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Une catéchèse au rythme de la vie

 

La catéchèse : un accompagnement en temps de paix et en temps de crise
Quelques principes pédagogiques


- Notre démarche se veut accompagnement des enfants et des jeunes avec lesquels nous cheminons. Avec eux nous voulons former équipe pour poser de bonnes questions et découvrir, à la lumière de la Parole, des réponses possibles. Ce sont les besoins de nos publics cible qui devraient nous guider. En conséquence nous avons le devoir, - d’ailleurs aussi légal (cf. Constitution vaudoise et Loi sur la protection des mineurs) -, de respecter leur développement, cognitif, psychologique, moral et spirituel.

- Le développement humain passe par des phases, stables et plus tranquilles certaines, labiles et mouvementées d’autres. Il y a des passages, des transitions et des crises, ces dernières en lien direct ou indirecte à la mort (finitude), dans le sens de disparitions et d’apparitions, de deuils à faire, d’échecs et de limites, de changements dans le corps, individuel ou social.

- Dans les phases stables où l’individu est centré sur lui-même, il peut s’ouvrir au monde qui l’entoure. Il est réceptif, intéressé et prêt à accueillir l’autre et son altérité ; il se laisse décentrer et peut prendre distance par rapport au même. Le souci de l’autre l’emporte sur le souci de soi. Ces moments sont propices à une pédagogie de transmission et d’apprentissage (aussi plus propices à une pédagogie par objectifs).

- Dans ces phases, la liberté intérieure est suffisamment grande pour une ré-flexion par rapport aux limites et contraintes de la vie : un travail sur les valeurs et la Loi, c’est-à-dire les règles de la vie et l’éthique est possible (la question du « comment ? », dans un sens « scientifique », raisonnable). Que faire ? Qu’est-ce qui vaut ? L’Evangile comme moyen et outil (le « Royaume de Dieu » étant toujours la finalité).

- Dans les crises, qui touchent souvent l’être dans sa corporéité, il y a repli sur soi-même et un égocentrisme inné et nécessaire pour protéger l’individu de l’angoisse de la mort (« auto-conservation »). Ces moments nécessite une pédagogie qui prend son point de départ dans l’existence et le vécu immédiat du public cible même.
L’adolescence est un temps de crise par excellence, remettant en question d’une manière profonde l’individu et son entourage.
L’approche pédagogique adaptée est existentielle (et une pédagogie par processus plus appropriée). Le souci de l’autre passe par le souci de soi.

- Dans ces phases-ci (crises) se pose la question du sens : qu’est-ce qui m’arrive ? pourquoi ? qui suis-je ? L’empathie et la miséricorde l’emportent sur la loi et les règles ; il s’agit de dignité et de reconnaissance « malgré », malgré l’échec, malgré la faute, malgré l’injustice, d’une « espérance contre toute espérance ». L’Evangile, - l’amour évangélique -, comme fondement, en conséquence une acceptation « inconditionnelle » de la personne quelle qu’elle soit.

Armin Kressmann