Spiritualité, Spirituality, Spiritualität – Religion – Définitions

Spiritualité et religion – Définitions

Définition à partir du mot « esprit » – « Cette approche a été menée de la manière la plus détaillée par Sœur Lucy Tinsley. Celle-ci a publié son étude en 1953 (The French Expressions for Spirituality and Devotion, A Semantic Study; The catholic University of America Press, Washington 1953), donc avant ou juste au début du grand bouleversement qui a fait voir se dissocier « religion » et « spiritualité ». A la même époque Hans Urs von Balthasar l’a magistralement conceptualisée (Hans Urs von Balthasar ; L’Évangile comme norme et critique de toute spiritualité dans l’Église ; Concilium 1965, no. 9, p. 11-24). Cette approche est, encore aujourd’hui, une démarche quelque part mystique, fortement liée à la liberté de l’esprit, qui laisse ouvert le cheminement et son aboutissement, soit-il religieux ou non. C’est sûrement l’approche qui reste la plus fidèle à « l’esprit de la spiritualité », mais aussi celle qui se laisse la moins contrôler. Dans ce sens, elle correspond au mieux à l’univers du handicap et de la « folie », mais inquiète comme celles-ci notre époque qui cherche à tout maîtriser. C’est l’approche des art-istes ! C’est aussi elle qui interroge le plus et met fondamentalement en question mon mandat même ; elle dit : vouloir dé-finir la spiritualité est un non-sens. » (Armin Kressmann)

« Le substantif abstrait spiritualitas (ou spiritalitas …) dérive de l’adjectif spiritualis (spiritalis). … cet adjectif est une création du latin chrétien, sur le modèle carno-carnalis … Il a été employé très tôt pour traduire le grec pneumatikos dans les anciennes versions des Épîtres pauliniennes, en particulier 1 Cor 2,14-3,3 où apparaît la gradation carnalis – animales (psychikoi) – spirituales (texte fondateur …) » (Michel Dupuy ; Spiritualité, in : Dictionnaire de la spiritualité ; Beauchesne, Paris 1990, p. 1142)

« Quant au substantif spiritualitas, il apparaît beaucoup plus tôt qu’on ne le pense généralement. Il prendra successivement trois sens principaux, que l’on retrouve dans les dérivés français : 1) un sens religieux, appliqué à la vie spirituelle (dès le 5e s.) ; dans cette acception, il s’oppose parfois à carnalitas, ou animalitas (cf. 1 Cor.) ; 2) un sens philosophique, pour désigner une « mode d’être » ou un « mode de connaître » … ; son opposé est ici corporalitas ; 3) un sens juridique qui englobe ce qu’on appelle alors les spirituales (biens et fonctions ecclésiastiques, administration des sacrements, juridiction, objets du culte …) ; le terme antithétique est ici temporalitas. » (Michel Dupuy ; Spiritualité, in : Dictionnaire de la spiritualité ; Beauchesne, Paris 1990, p. 1143)

« … il faut chercher le sens primitif du mot (spiritualité) dans la conscience humaine en général, où se pose déjà d’ailleurs la question de l’unité et de la multiplicité. Le mot de spiritualité peut ici nous guider et nous donner au moins un point de départ : il place le spiritus, l’esprit, au centre, et cela d’une manière assez ample pour correspondre exactement à l’usage de toute l’antiquité (le nous d’Anaxagore à Plotin), à l’usage chrétien (le pneuma-spiritus, des Alexandrins aux Victorins, aux Spirituels, aux réformateurs, aux Piétistes), à l’usage moderne (surtout chez Hegel : l’esprit, résumé subjectif et objectif de l’être). » (Hans Urs von Balthasar ; L’Évangile comme norme et critique de toute spiritualité dans l’Église ; Concilium 1965, no. 9, p. 11-24)

« Ce qui permet le bien-être total, intérieur et qui mène à la vie en plénitude. » (Françoise)

« Ce qui aide à lire la bible et nourrit l’intériorité. » (Henri)

« C’est une des dimensions de l’être humain, la dimension de l’être intérieur qui aspire à trouver des réponses aux questions du sens de la vie. » (Anne)

« La fenêtre ouverte à Dieu. Ce qui fait de moi le temple de Dieu. » (Erika)

« C’est trouver un sens, donner un souffle à ma vie tout entière, c’est affronter les questions existentielles philosophiques qui habitent mon existence. C’est aussi ce besoin de me recentrer, de réfléchir, méditer ce que je suis avec mon entourage. » (Francis)

« La confrontation de chacun avec ses questions de sens et, partout, le vécu que la personne donne à cette confrontation. » (Christian)

« C’est la réflexion, l’action structurée … , la concentration ou le relâchement de nos esprits occupés pour se retrouver, oriente notre esprit et notre personne vers Dieu. C’est une suite d’instants qui sont autant de piliers de vie. » (Guy)

« La spiritualité est l’au-delà de « l’institutionnalité », du fait institutionnel, de ce qui est institué et institutionnalisé ; il le « transcende ». Cet au-delà s’appelle « religiosité » quand il vise l’absolu et appelle celui-ci « Dieu ». La spiritualité, pour s’exprimer et se communiquer, a besoin de véhicule. Celui-ci s’appelle « esprit », « souffle » ou « âme », âme ou souffle de vie qui anime ce qui est institué et institutionnalisé. C’est lui qui fait la musique avec les notes de la gamme, la poésie avec les lettres et les mots du langage, des lois il fait du droit et de la justice, et des institutions sociales, de ses chartes et de ses procédures, il fait une communauté vivante. Sans esprit il n’y a que lettre morte. « Esprit » ou « âme » : on l’appelle aussi « identité ». Quand celle-ci est de nouveau institutionnalisée, on peut l’appeler « corporated identity », l’identité de l’entreprise ou de l’institution (dans le sens d’organisation). Plus simplement, je parle de « l’âme » ou de « l’esprit de la maison ». Sans esprit, sans âme, il n’y a pas de personne, non plus. Religion est spiritualité instituée, quête d’absolu et quête de Dieu institutionnalisées. On appelle « Eglises » les organisations qui portent et gèrent ce souci institutionnellement. Leur « corporated identity » s’appelle « Dieu » ou « Jésus Christ ». La spiritualité est donc ce qui anime une institution. Elle est incontournable, mais difficilement saisissable. Elle donne vie aux règles et à la loi. Elle traverse et dépasse l’espace institutionnel. C’est la spiritualité qui fait d’une institution une entité vivante, ce qui s’appelle en droit une « personne morale », avec ses droits et avec ses obligations. Avec la raison, la spiritualité forme la conscience d’une institution. Avec la raison, elle est donc le fondement de sa morale (ou de son éthique, ou de sa déontologie). Ensemble les deux donnent du sens, si ce n’est pas LE sens, et permettent à l’institution de se retrouver dans la diversité des valeurs parfois contradictoires. Celui qui a du sens a aussi l’orientation : il sait où il (en) est, d’où il vient et vers où il va ; il a une histoire et il a un avenir. Il n’est pas perdu. » (Armin Kressmann)

« Spiritualité ! Un terme à géométrie variable, suffisamment flou et suggestif pour devenir, par les temps qui courent, le commode fourre-tout du prêt-à-penser et des idées à la mode … » (Jean-François Habermacher ; Vous avez dit spiritualité ? Cèdres Formation – Séminaire de culture théologique ; Internet, 2003, www.cedresformation.ch)

« Yet words like spirit and spiritual remain difficult to grasp. As Augustine said about time, their meaning seems fairly obvious until we try to define them. … » (Wade Clark  Roof ; Spiritual Marketplace : Baby Boomers and the Remaking of American Religion, Princeton University Press 1999, p. 34)

« The more you understand our thinking, the more you find it difficult to talk about it. The purpose of my talking is to give you some idea of our way, but actually, it is not something to talk about, but to practice. The best way is just to practice without saying anything. » (Shunryu Suzuki ; Zen Mind, Beginner’s Mind ; New York 1970 ; cité in : Samuel Leutwyler; Spiritualität und Wissenschaft : Zwei Wege, die Welt wahrzunehmen, p. 19)

« Elisabeth Michel le dit fort bien, que ‘la dimension spirituelle de l’être se situe toujours au-delà de ce que nous pourrions en dire’. » (Cosette Odier ; Accompagnement spirituel ou « faire passer un chameau par le trou d’une aiguille … » ; Frontières, 2004, p. 70)

« Geist – das meint vielleicht Bewusstsein; Natur – das meint vielleicht Materie? Englisch vielleicht mind and matter ? Sie kennen den Scherz: « What is mind? No matter. What is matter? Never mind ! » Lateinisch vielleicht mens, oder lieber animus oder anima ? Materia ist ein lateinisches Wort, es bedeutet Holz. Es ist die philosophische Übersetzung des griechischen Terminus hyle, der auch Holz bedeutet[1]. Holz ist das « Material » par excellence, aus dem man Häuser, Tische, Stühle macht[2]. Geist: Ist das er griechisch psyche oder nus oder pneuma ? Psyche heisst ursprünglich Atem, nus heisst sehende Wahrnehmung, pneuma ist Wind oder wieder Atemhauch. Lauter Gleichnisse braucht die Sprache, um von dem zu reden, was wir suchen. » (Carl Friedrich von Weizsäcker ; Geist und Natur ; in : Dürr, Hans-Peter ; Zimmerli, Walther ; Geist und Natur, Über den Widerspruch zwischen naturwissenschaftlicher Erkenntnis und philosophischer Welterfahrung ; Scherz, Bern 1989, p. 17)

« Le pouvoir temporel, le pouvoir spirituel. » – « Le régime positif rendra le gouvernement de plus en plus spirituel et de moins en moins temporel, en systématisant la marche naturelle de l’association humaine. » (A. Comte ; Politique positive ; p. 306-307) » (André Lalande ; Vocabulaire technique et critique de la philosophie ; PUF, Paris 1985)

« … (le mot « spiritualité ») … il indique que l’homme … se comprend comme esprit et se définit par l’esprit – et non par la matière, ni par le corps, ni par l’instinct. Mais l’esprit ouvre clairement, quoique mystérieusement, la totalité de l’être, et celle-ci est une totalité absolue. » (Hans Urs von Balthasar ; L’Évangile comme norme et critique de toute spiritualité dans l’Église ; Concilium 1965, no. 9, p. 12)

« … ‘au-delà du langage, du rituel, de la religion, le spirituel est cet espace en soi secret où chacun construit le sens de sa vie, en s’interrogeant sur sa présence au monde et une transcendance possible. Le spirituel est notre identité originelle comprenant une dimension immanente à la personne elle-même, elle permet la relation à l’autre en sentiments et en émotion, une dimension transcendante, enracinée dans l’homme, elle le relie au sacré qui l’habite’. (Claude Rougeron, cours en mars 2001 : La dimension spirituelle dans le soin) » (Etienne Rochat et al. ; Rapport du Groupe de Travail sur la prise en compte de la dimension spirituelle chez les personnes hospitalisées en CTR ; Groupe Label CTR, Orbe 2004, p. 7)

« La spiritualité de la personne hospitalisée est définie par la cohérence singulière qu’elle donne à connaître lorsqu’elle déclare son sens à l’existence, manifeste ses valeurs et désigne sa transcendance. Cette cohérence fonde son identité. » (Etienne Rochat ; Souffrir de douleur existentielle – Vers une reconnaissance de la détresse spirituelle ? palliative-ch no. 2, 2005, p. 10)

« … “spiritual”. More than any other, it is the experiential face of religion that takes on current prominence … » (Wade Clark Roof ; Spiritual Marketplace : Baby Boomers and the Remaking of American Religion, Princeton University Press 1999, p. 33)

« … recent panel : “Spirituality is a very difficult word to define. An adequate definition would include reference to a relationship with something beyond myself (known as “Creator”, “God”, “transcendent power”, etc.) that is intangible but also real. It would recognize that spirituality is the source of one’s values and meaning, a way of understanding the world, an awareness of my “inner self”, and a means of integrating the various aspects of myself into a whole.” Spirituality encompasses all four above-mentioned themes : a source of values and meaning beyond oneself, a way of understanding, inner awareness, and personal integration. … In a very fundamental sense, what is at stake is a viable conception of the “self”. » (Wade Clark Roof ; Spiritual Marketplace : Baby Boomers and the Remaking of American Religion, Princeton University Press 1999, p. 35)

« Breitbart … définit la spiritualité comme ‘ce qui permet à une personne de faire l’expérience de la signification transcendante de la vie. La spiritualité est une construction qui implique les concepts de Foi et de Sens’. Il ajoute plus loin que “la dimension de la ‘foi’ (faith) est plus souvent associée à la religion et aux croyances religieuses, alors que la dimension du ‘sens’ (meaning) est un concept plus universel qui peut exister pour des personnes religieuses ou non.” » (Cosette Odier ; Accompagnement spirituel ou « faire passer un chameau par le trou d’une aiguille … » ; Frontières, 2004, p. 70)

« Religion est Dieu institutionnalisé, rendu audible, visible, tangible, à travers des représentations, la parole, des rites, des dogmes, des images, des actes, une morale, etc., donc médiation entre une réalité par définition en soi inaccessible, la transcendance, et le monde des humains, dans l’immanence. » (Armin Kressmann)

« Rousseau … formule ainsi la distinction entre spirituel et religieux : La spiritualité implique des questions (issues) universelles d’intention (purpose) et de sens (meaning) de la vie et appartient à l’essence humaine en quête de valeurs transcendantes. … En comparaison la religion comprend une croyance structurée qui aborde les questions spirituelles souvent au moyen d’un code éthique et philosophique incluant la foi en un Dieu ». (Cosette Odier ; Accompagnement spirituel ou « faire passer un chameau par le trou d’une aiguille … » ; Frontières, 2004, p. 70)

« C’est ainsi que l’on pourrait définir provisoirement la spiritualité comme cette ouverture de l’être humain à une dimension qui le dépasse tout en l’incluant, et qui, par conséquent, le décentre et l’élargit. Ainsi caractérisée, la spiritualité ne doit bien entendu pas être confondue avec la religion, laquelle est une expression particulière, un cadre défini dans lequel la spiritualité peut se manifester et se vivre. » (François Rosselet ; Prise en charge spirituelle des patients : La neutralité n’existe pas ; Revue Médicale de la Suisse Romande, no. 122, 2002)

« On qualifie de « spirituels » les aspects de la vie humaine liés aux expériences qui transcendent les phénomènes sensoriels. Ce n’est pas la même chose que le « religieux », quoique pour de nombreuses personnes la dimension spirituelle de leur vie comporte un élément religieux. L’aspect spirituel de la vie humaine… est souvent perçu comme ayant un rapport avec le sens et le but de l’existence… » (OMS ; Traitement de la douleur cancéreuse et soins palliatifs ; in : Rapport 804 – chapitre 7, § 7.1)

« … both religion and spirituality have a “sacred core” (Larson, Swyers and McCullough, 1997) that consist of “feelings, thoughts, experiences, and behaviors that arise from a search for the sacred. The term ‘search’ refers to attempts to identify, articulate, maintain, or transform. The term ‘sacred’ refers to a divine being or Ultimate Reality or Ultimate Truth as perceived by the individual.” Religion: Religion is a organized system of beliefs, practices, rituals, and symbols designed (a) to facilitate closeness to the sacred or transcendent (God, higher power, ultimate truth/reality) and (b) to foster an understanding of one’s relationship and responsibility to others in living together in a community. Spirituality: Spirituality is the personal quest for understanding answers to ultimate questions about life, about meaning, and about other relationship to sacred or transcendent, which may (or may not) lead to arise from the development of religious rituals and the formation of community. » (Harold G. Koenig et al. (éd.) ; Handbook of Religion and Health ; Oxford University Press, Oxford 2000, p.17.18)

« … spiritualité, ce qui ne connote pas une hétéronomie fondatrice, mais réapproprie au plan du sujet humain ce qui est en jeu, et n’entraîne pas non plus un espace séparé, de type ecclésial, qui en dépendrait. » (Pierre Gisel ; Qu’est-ce qu’une religion ? ; Chemins Philosophiques, Vrin, Paris 2007, p. 11)

« Die Attraktivität des Begriffs „Spiritualität“ liegt darin, dass der damit bezeichnete Inhalt einerseits den säkularen Materialismus des naturwissenschaftlichen Weltbildes überwindet, ohne aber andererseits in den vermeintlichen Dogmatismus der traditionellen Religionen zu verfallen. Er verweist nicht so sehr auf „Religion“, sondern eher auf „Religiosität“, also nicht so sehr auf die objektiven Gebilde der historischen Religionen mit ihren tradierten Lehren, Riten und Institutionen, sondern mehr auf das subjektive Erfülltsein von transzendenter Geistigkeit : Persönliche Ganzheits-Erfahrung statt Übernahme von lehrhaften Glaubensinhalten, frei flottierende existentielle Bewegung und Entwicklung statt fester Zugehörigkeit zu Religionsgemeinschaften, ihrer Metaphysik und Moral ; religiöse Selbstbestimmung und Selbstorganisation statt Gehorsam gegenüber geistlichen Autoritäten, Option statt Tradition – das sind Merkmale postmoderner, von christlichen Wurzeln mehr oder weniger gelöster Spiritualität. » (Reinhold Bernhardt ; Spiritualität im Spannungsfeld von Esoterik und christlicher Tradition ; in : Leutwyler, Samuel, et Nägeli, Markus (éd.) ; Spiritualität und Wissenschaft ; vdf Hochschulverlag, Zürich 2005, p. 66)

« La dimension spirituelle – qui se manifeste plutôt dans le domaine de l’être – est en lien avec le souffle de vie qui nous anime ; elle renvoie donc à la VITALITE (on pourrait parler d’énergie de vie !). C’est tout le questionnement autour du sens dans ses trois acceptions : contenu-sensation, signification et direction ; interrogation bien légitime de tout être humain sur le sens de la vie et de la mort, de sa vie et de sa mort, sur le sens de la maladie et de la souffrance, questionnement sur une éventuelle vie après la mort, sur une transcendance possible. Par contre, la dimension religieuse – qui se concrétise plutôt dans le domaine du faire – est la conséquence d’un choix spirituel mis en forme institutionnelle (structurée), propre à la confession / religion / philosophie dans laquelle la personne investit et nourrit ses croyances. On pourrait donc dire – de manière un peu simplifiée – que la religion est une manière humaine de conceptualiser, ou encore de « décrire/expliquer » une réalité qui est toujours au-delà de soi – au-delà du scientifique, du rationnel – et que je ne maîtrise pas vraiment dans l’absolu. Ainsi, à travers l’adhésion au contenu d’une religion (confession, philosophie) – qui est donc la mise en mots, en concept humain d’une certaine forme de spiritualité (on peut parler de confession de foi, de credo, de chartre…) – et au travers de la pratique de cette religion par des rites, des sacrements, etc., la personne se sent également reliée à une communauté humaine et à sa tradition ; et cela est peut-être encore plus vrai chez les personnes âgées, actuellement encore. » (Gérard Berney ; Vous avez dit « soins spirituels » ? 5ème rencontre des Maisons Francophones de Soins Palliatifs ; www.chrysalide.ch)

« Geist … steht für den Menschen als ganzen in seinen höchsten (Erkenntnis-) Vermögen. » (Ralf Stolina ; Niemand hat Gott je gesehen ; de Gruyter, Berlin 2000, p. 20)

« La notion d’identité : qui suis-je ? La notion d’appartenance : à qui et à quoi suis-je relié ? La notion de valeurs : qu’est-ce qui me fait vivre ? La notion de transcendance: quel est le secret qui enveloppe ma vie ? » (François Rosselet ; Prise en charge spirituelle des patients : La neutralité n’existe pas ; Revue Médicale de la Suisse Romande, no. 122, 2002)

« La spiritualité de la personne … est définie par la cohérence singulière qu’elle donne à connaître lorsqu’elle déclare son sens à l’existence, manifeste ses valeurs et désigne sa transcendance. Cette cohérence fonde son identité.» (Etienne Rochat ; Souffrir de douleur existentielle – Vers une reconnaissance de la détresse spirituelle ? palliative-ch no. 2, 2005, p. 10)

« Als Definitionsrahmen für Spiritualität formuliert Stolz : „Praktisch immer ist ein Verhältnis eines Individuums zu einer irgendwie gearteten Transzendenz … gemeint.“ Scharfetter definiert Spiritualität mit „Leben aus und in der Ausrichtung auf das All-Eine.“. Etwas poetischer entfaltet Schmid Spiritualität als „Liebesgeschichte des endlichen mit dem unendlichen Geist“, während Jans den Begriff in umschriebener Weise bezeichnet : „Ein Mensch rechnet mit einer Wirklichkeit, die über Raum und Zeit hinausgeht, und er verspührt ein sehendes Suchen in sich, mit dieser Wirklichkeit eins zu werden.“ Chr. Müller würde für den Sachverhalt lieber weiterhin das alte Wort „Frömmigkeit“ verwenden, da es sich „sperriger“ erweist und weniger gefällig als Spiritualität. Jedoch lässt gerade die Tatsache, dass Religiosität oder Frömmigkeit für viele Zeitgenossen allzu sehr nach überholtem Kirchentum riecht, den viel offener wirkenden Begriff Spiritualität gegenwärtig boomen. Spiritualität weist in einem weit verbreiteten Sprachgebrauch stärker auf ein religiöses Bedürfnis hin, das sich individuell, weltoffen und kreativ zeigt und in seiner Haltung nach mystischer Erfahrung sucht. »(Markus Nägeli ; Spiritualität und Wissenschaft : Eine Übersicht ; in : Leutwyler, Samuel, et Nägeli, Markus éd.);  Spiritualität und Wissenschaft ; vdf Hochschulverlag, Zürich 2005)

« Spiritualitätsbegriff … Praktisch immer ist ein Verhältnis eines Individuums zu einer irgendwie gearteten Transzendenz (Götter, Geister, allgemeine transzendentale Prinzipien, persönliche Entwicklungspotentiale o.ä.) gemeint. Ausserdem enthält der Begriff durchgängig eine Komponente der Offenheit, persönlichen Entfaltung und Individualität. Der Begriff bezeichnet meist das, was man früher „Religiosität“, „Frömmigkeit“, „Glaube“, „religiöse Erfahrung“, „Transzendenzerfahrung“, „Mystik“, „Meditation“, „Kontemplation“ oder „geistliches Leben“ genannt hatte ; seine Bedeutung erschöpft sich jedoch nicht in diesen Bezügen. Während seine begrifflichen Vorläufer, v.a. „Religiosität“ und „Frömmigkeit“, zunehmend negativ bewertet werden, erhält der Spiritualitätsbegriff eine deutlich positive Konnotation. » (Jörg Stolz ; Der Erfolg der Spiritualität ; Gesellschaftsentwicklung und Transzendenzerfahrung am Beispiel der Schweiz ; in : Leutwyler, Samuel et Nägeli, Markus (éd.) ; Spiritualität und Wissenschaft ; vdf Hochschulverlag, Zürich 2005)

« A l’extrême, est sacré tout ce qui … a un lien quelconque avec le mystère, ou avec la recherche du sens, ou avec l’invocation de la transcendance, ou avec l’absolutisation de certaines valeurs. Ce qui lie ensemble cet agrégat composite et non spécialisé, c’est qu’il occupe l’espace libéré par les religions institutionnelles. Le procès de différenciation et d’individualisation dans lequel s’inscrit l’avancée de la modernité a privé celle-ci de la main-mise qu’elles exerçaient sur les réponses aux questions existentielles fondamentales que rencontrent tous les groupes humains : comment affronter la mort ou le malheur ? Comment fonder les devoirs des individus envers le groupe, etc. ? Si l’on admet que l’ensemble de ces réponses religieuses constituait l’« univers sacré » des sociétés traditionnelles, on désignera comme « cosmos sacré des sociétés industrielles », « sacré moderne », sacré « diffus » ou « informel », sans s’appesantir davantage, l’ensemble des solutions de remplacement apportées aux mêmes questions dans les sociétés modernes. » (Danièle Hervieu-Léger ; La religion pour mémoire ; Cerf, Paris 1993, p. 66)

« La spiritualité est l’au-delà de « l’institutionnalité », du fait institutionnel, de ce qui est institué et institutionnalisé ; il le « transcende ». Cet au-delà s’appelle « religiosité » quand il vise l’absolu et appelle celui-ci « Dieu ». La spiritualité, pour s’exprimer et se communiquer, a besoin de véhicule. Celui-ci s’appelle « esprit », « souffle » ou « âme », âme ou souffle de vie qui anime ce qui est institué et institutionnalisé. C’est lui qui fait la musique avec les notes de la gamme, la poésie avec les lettres et les mots du langage, des lois il fait du droit et de la justice, et des institutions sociales, de ses chartes et de ses procédures, il fait une communauté vivante. Sans esprit il n’y a que lettre morte. « Esprit » ou « âme » : on l’appelle aussi « identité ». Quand celle-ci est de nouveau institutionnalisée, on peut l’appeler « corporated identity », l’identité de l’entreprise ou de l’institution (dans le sens d’organisation). Plus simplement, je parle de « l’âme » ou de « l’esprit de la maison ». Sans esprit, sans âme, il n’y a pas de personne, non plus. Religion est spiritualité instituée, quête d’absolu et quête de Dieu institutionnalisées. On appelle « Eglises » les organisations qui portent et gèrent ce souci institutionnellement. Leur « corporated identity » s’appelle « Dieu » ou « Jésus Christ ». La spiritualité est donc ce qui anime une institution. Elle est incontournable, mais difficilement saisissable. Elle donne vie aux règles et à la loi. Elle traverse et dépasse l’espace institutionnel. C’est la spiritualité qui fait d’une institution une entité vivante, ce qui s’appelle en droit une « personne morale », avec ses droits et avec ses obligations. Avec la raison, la spiritualité forme la conscience d’une institution. Avec la raison, elle est donc le fondement de sa morale (ou de son éthique, ou de sa déontologie). Ensemble les deux donnent du sens, si ce n’est pas LE sens, et permettent à l’institution de se retrouver dans la diversité des valeurs parfois contradictoires. Celui qui a du sens a aussi l’orientation : il sait où il (en) est, d’où il vient et vers où il va ; il a une histoire et il a un avenir. Il n’est pas perdu. » (Armin Kressmann)

« Se sortir du train-train quotidien pour voir qu’il y a encore autre chose que le traintrain quotidien ; la religion, mais pas seulement la religion. C’est la curiosité, chercher autre chose. » (Jacques M., bénévole à Lavigny)

« La dimension spirituelle est présente en tout être humain. C’est une potentialité originaire et constitutive de notre humanité. C’est l’appel à être vivant, à donner du sens à sa vie. C’est le souffle qui traverse et anime la personne en sa totalité et son intimité. C’est la liberté, le pouvoir et la volonté d’avoir ses propres sentiments face aux personnes, aux événements et aux choses. Cette liberté s’exprime en chacun de nous quelque soit notre degré de dépendance. » (Institution de Lavigny, Concept d’accompagnement 2002)

« C’est la respiration de l’être, de l’âme, au tréfonds de l’individu. Sans spiritualité pas de sens, pas d’horizon, pas d’avenir à la vie, pas de lien de vie avec soi, les autres et l’Autre. » (Une femme diacre de l’EERV, l’Église évangélique réformée du canton de Vaud)

« … vie spirituelle. … une expression qui désigne quelque chose d’un peu mystérieux, de pas toujours bien vu chez les protestants, et pourtant d’essentiel, puisqu’il s’agit de la respiration devant et en Dieu. Trop souvent, chers collègues, nous sommes des ministres en apnée, les yeux écarquillés et les mâchoires serrées dans les tâches à accomplir, prenant un grand souffle de très loin en très loin puis avançant jusqu’aux limites de l’asphyxie. Et nous étonnant alors d’être épuisés, peu disponibles, craignant l’échec non plus comme un simple échec mais comme une mort. Il faut respirer. Et dans la société liquide où nous exerçons ce ministère exposé et que je nous invite à assumer comme tel, il faut d’autant plus respirer. Prendre le temps de respirer personnellement devant Dieu et en lui, prendre le temps de respirer ensemble aussi, en nous y exhortant et en nous y accompagnant les uns, les autres. C’est quand on respire qu’on peut chanter. C’est quand on respire qu’on peut rire. Et que l’on retrouve cet autre nom pour dire la foi vécue au cœur du monde, et qui est l’humour. » (Laurent Schlumberger, qui s’est adressé à des diacres et pasteur(e)s de l’EERV (2007))

« C’est une des dimensions de l’être humain, la dimension de l’être intérieur qui aspire à trouver des réponses aux questions du sens de la vie. » (Anne, éducatrice)

« Spirituel est ce qui porte un sens en lui-même. » (Armin Kressmann)

« La spiritualité unifie la personne et ses activités. » (Hubert Doucet ; De l’éthique au spirituel, La situation dans les sciences de la santé ; Théologiques 9/2, 2001, p. 30)

« Historically, in many languages and cultures, the spiritual was conceived as wind and breath, that which moves, the force mysteriously and invisibly animates : the Latin spiritus, anima, and animus, the Greek psyche, the Sanskrit atman, the Hebrew ruach. The spiritual comprehends but cannot be contained by intellect, cognition, or institutional structure ; it reaches out for unity and the ordering of experience ; it abhors fixity in the interest of transformation. Both the notion of ordering experience and that of transformation suggest something deeply existential, directed to connection with ultimate meanings, values, and ethical commitment. … spirit is the fundamental life-force giving drive and direction to human existence. Without it there would be no such thing as the human. » (Wade Clark Roof ; Spiritual Marketplace : Baby Boomers and the Remaking of American Religion ; Princeton University Press 1999, p. 34)

Spiritualité chrétienne et spiritualité philosophique (ou laïque) ; Armin Kressmann

« Spiritualité chrétienne (ou judéo-chrétienne) est reconnaître en l’autre une fin ultime, toujours. Spiritualité philosophique, – ou laïque, diraient les Français -, est reconnaître en l’autre une fin en soi. La spiritualité chrétienne transcende donc le soi. La spiritualité philosophique se veut autonome, la spiritualité chrétienne reconnaît et assume son hétéronomie. Pour elle, celle-ci s’appelle interdépendance, foi ou service. Elle a confiance, sans raison. La spiritualité chrétienne vise l’autre, l’autre soi-même. Les implications éthiques ou morales ne sont pas les mêmes. »

Spiritualité, religion, art et éthique (Armin Kressmann)

« Dans tout ce qui est évoqué quand nous parlons de spiritualité, quelle est la part spécifiquement et proprement spirituelle ? Sens, transcendance, identité, valeurs, appartenance, reconnaissance, rites … Esprit. Respire ! Ce qui transcende et donne sens, ou orientation : d’où et vers quoi, pourquoi et pour quoi ? Ce qui relie, relation, à soi-même et à autrui : l’entre-deux, l’esprit ou le tiers dans la relation (le « père »). Identité, comme réalisation de soi-même, valeurs, appartenance, reconnaissance, elles sont entre deux, entre le spirituel et le psychosocial, selon la vision qu’on a et qu’on défend. Nous nous approchons de la science. Religion, comme cadre et espace de sens, « grammaire », comme l’art, autrement, et l’éthique. Spiritualité : art, religion et éthique

Religion : foi en une transcendance ultime, source de sens et vers quoi ou qui tout sens tend, ainsi que spiritualité instituée, contenue, régulée, formalisée, mais parfois aussi enfermée, voire trahie ; se pointe le mal. Dieu reste abscons. Cependant, quand le tout autre n’est pas reconnu, peut-on reconnaître l’altérité de l’autre ? Et l’individualité et l’unicité de soi-même ? Dans la ressemblance au même ? »

Psychologie et spiritualité (Armin Kressmann)

« La réalisation de soi et la réalisation de l’autre. Et la réalisation de soi-même par soi-même et par l’autre. Sans instrumentalisation de l’autre. La psychologie a comme objet (ou sujet, selon) : la vie saine et son expression dans le monde, comment celui-ci est reçu, approprié, vécu. Le regard est porté sur le moi dans le monde, le moi affecté, agissant et réagissant à mon monde. Pour la spiritualité le regard est porté sur « mon monde » et comment je le conçois et je le vis, le monde et les autres qui constituent mon monde : Qu’est-ce qui me transcende et quel est le rapport que j’entretiens à ce qui me transcende ? Y a-t-il une limite et y a-t-il quelque chose ou quelqu’un de l’autre côté ? Si oui, quel est mon rapport avec lui ? Quel est le sens, de ma vie, de ce que je suis, de ce que je fais ? D’où vient-il ? Vers quoi m’oriente-t-il ? Mon identité ? Qui suis-je ? Quel est mon nom ? Quelle est la part du monde que je me fais mienne et qui me constitue ? Et qu’est-ce qui me transcende, de ce monde, hors monde ? Quel jeu jouer entre mêmeté, – ressemblance et identité -, et différence et altérité ? Quel rapport entre rôles et personne, et qui le détermine ? Et quand orientation il y a, quels sont les repères ? Mes maximes, mes principes et mes valeurs ? A quoi j’appartiens, à qui j’appartiens, à qui je me soumets, je m’assujettis pour devenir et être sujet ? Et finalement, dans quelle mesure la part du monde dans laquelle je me reconnais me reconnaît, comme étant une part d’elle-même ? La question de la reconnaissance, du dû et de la grâce. »

« Quand tout est dit commence la spiritualité » (Armin Kressmann)

« La spiritualité pose la question, la religion donne la réponse. » (Armin Kressmann)

« Dans la quadrature du cercle, la religion est la quadrature, la spiritualité le cercle. » (Armin Kressmann)

« La religion est la maison, la spiritualité ses habitants. » (Armin Kressmann)

« Pour communiquer nous avons besoin d’un langage commun, soit-il verbal ou non-verbal, de codes, donc d’une réalité instituée, qu’on le veuille ou non. Mais ce n’est pas la finalité. Pour jouer ensemble, nous avons besoin de règles de jeu ; elles « dé-finissent » l’espace et la « grammaire » du jeu, mais pas sa qualité ou son sens. Ceux-ci, à mon avis, se dégagent en jouant ensemble, dans un certain esprit/Esprit. Le sens du jeu est dans le jeu, comme le sens de l’amour est dans l’amour. Religion est langage, avec sa grammaire propre (Lindbeck ; textes, dogmes, liturgies, rites, etc.), spiritualité ce qui se dit et se joue en jouant selon les règles … de la dite religion. Le sens de la religion n’est pas dans la religion, comme le sens de la loi n’est pas dans la loi ni le sens du langage dans le langage. Compte se que nous disons, faisons et pointons avec les moyens, instruments et codes que nous offre la religion, donc l’institution. Le sens de l’Église n’est pas dans l’Église ; pour nous, qui nous déclarons « chrétiens », le sens de l’Église s’appelle royaume ou règne de Dieu. «  (Armin Kressmann)

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.