Pour une Marie protestant

Je suis le premier à entrer en matière sur la proposition de Jacques-André Haury faite dans 24heures du 23 décembre, de « commander à un artiste contemporain une nouvelle statue de Marie à dresser sur le socle de la cathédrale conservé depuis le XVIe siècle ». Je le trouverais beau et juste, en ces commémorations du 500ème anniversaire de la Réforme, d’avoir une Marie telle que la Bible en parle : une femme comme toutes les autres, donc une femme « normale », qui, en l’occurrence, commet une faute, ce qu’on appelait autrefois un adultère, mais pour laquelle Dieu, par son Esprit, s’engage, comme pour nous tous et toutes qui commettons des fautes. Oui, je défends Marie, et Joseph son mari, lui qui assume les conséquences avec Dieu et suite à l’intervention de son messager, l’ange, une Marie protestant contre toute discrimination, en Église et dans la société, quelle qu’elle soit, femmes, enfants, étrangers, personnes handicapées, vieux, homosexuels, etc. etc. Il serait à nous, chrétiens évangéliques réformés, en cette année de la Réforme, de rappeler la grâce inconditionnelle que Dieu accorde à tout être humain de « bonne volonté », comme traduisent certains le message de Noël, notamment nos frères et sœurs catholiques. J’irais même plus loin et rendrait la cathédrale à l’Église catholique romaine, au moment où celle-ci reconnaisse le plein ministère des femmes. Mon rêve est de voir une femme évêque à la cathédrale de Lausanne, et la Réforme aurait, peut-être, trouver son terme.

Armin Kressmann, lettre de lecteur 24heures

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